Donnez votre avis !

Bonjour à tous,

je continue donc le déroulé de mon cours, qui se passe toujours bien, même si tout n’est pas rose, même au pays des bisounours. Pour lire ou relire le déroulement de ce que je fais avec ces adultes (plus ou moins faux) débutants, c’est par ici.

L’exercice commence à se compliquer un peu pour moi. En effet, difficile de ne pas commencer à être redondant, à répéter encore et encore les mêmes astuces. Et ce d’autant plus qu’au fil des cours, je commence à travailler de plus en plus avec le manuel (Le Nouveau Rond Point A1),  et que vous donner les numéros des exercices que je fais les uns après les autres n’a que peu d’intérêt. Peu importe, on va voir, je continue. Avant ça, une petite précision :

Cours 4

Le quatrième cours était placé sous le signe du retour de l’apprenante qui avait raté le deuxième et le troisième cours. Du coup, difficile d’avancer, et c’est bien ainsi, on va en profiter pour reprendre encore et toujours la prononciation.

Pour commencer, on refait un petit tour de mathématiques (le classique +3), puis on refait deux tours où chacun doit donner une information sur lui même.

C’est un peu toujours la même chose, mais comme ça ne prend en tout qu’une dizaine de minutes, je n’ai aucune hésitation. Répéter, répéter et répéter encore.

 

Après, on aborde quelque chose qui est faussement nouveau : les pays. Pourquoi faussement nouveau : cette découverte se fait à travers un exercice “Eurovision” du Nouveau Rond Point 1, dans lequel un commentateur donne les points obtenus par différents pays lors d’un concours. “La Slovénie – 11 points”. Je vais vous le dire franchement, les noms des pays, je m’en tape comme de l’an 40 ou presque.

Donner aux apprenants une liste de 30 pays à apprendre par cœur, alors qu’ils sont à peine capables de faire une phrase ultra simple, je ne vois pas l’intérêt. Mais ce qui est intéressant, c’est l’opportunité qui est donnée de pratiquer encore une fois la phonétique.

Et oui, les noms de ces pays, il faut d’abord les entendre, associer ce qu’on entend à la graphie, et en prime associer le nombre de points. On a écouté trois fois, puis on a corrigé en forum, et vérifié que les apprenants arrivaient à lire les noms des pays. Et voilà. Encore une fois, pour moi, c’est avant tout un exercice de phonétique. En passant, les apprenants retiendront quelques noms de pays pertinents pour eux.

Petite note si vous êtes prof débutant : quand vous voyez une activité dans un manuel, demandez vous toujours pourquoi elle est là, à quoi elle sert, ce qu’elle apporte. A partir de là, vous pouvez vous demander si elle est nécessaire pour vos apprenants.

Là dessus, on a fait un petit exercice du cahier d’exo, dans lequel il faut remettre des noms de pays dans des phrases, genre “Moscou est sa capitale, c’est…” et d’autres choses plus ou moins compliquées, mais transparentes.

Le pourquoi de cette activité, par exemple : ça fixe un peu les noms des pays, mais surtout, ça oblige les apprenants à essayer de comprendre des phrases relativement complexes (et donc à se concentrer sur ce qu’ils comprennent plus tôt que ce qu’ils ne comprennent pas), et encore une fois, ça fait bosser la phonétique (ça vous étonne ?). En plus, ça permet de découvrir qu’on met le/la/l’/les devant les noms des pays et de rappeler la notion de masculin/féminin.

Bref, tout cela nous a pris plus de temps que je ne pensais, et c’est donc tout pour aujourd’hui.

Cours 5

Pour une fois, j’avais donné des devoirs : deux exos du cahier d’exos. Dans l’un, il faut reconstituer des phrases pour expliquer pourquoi on apprend le français (ça permet de réviser un peu ce qu’on a fait au troisième cours, je ne vais pas détailler). Dans le second, il faut écouter si des phrases sont des questions ou des affirmations.

Cet exercice ultra simple me permet surtout d’enchainer sur une toute petite activité, ultra simple également : chaque apprenant reçoit un petit bout de papier avec 4 questions, et 4 réponses à compléter.

Telecharger (PDF, 51KB)

Ouah, ça c’est de l’exo difficile, non ? Ben non, justement, et c’est le but. Parce qu’en fait, le but, ce n’est pas la réponse, c’est la question. Maintenant, les apprenants ont vu des questions (dans leur exo de devoirs, et dans celui-ci) et ils les comprennent, et on peut regarder comment elles sont formées sans que ça ait trop l’air d’arriver comme un cheveu sur la soupe. Limite, c’est eux qui demandent les explications.

Je pose tout simplement la question suivante : comment on fabrique une question ?

Il fut un temps où je n’utilisais que le français en cours, genre je suis un gros puriste et j’y crois à mort. Ce temps est révolu. Dans ce cas par exemple, quelques échanges en polonais me permettent d’expliquer ce que j’attends des apprenants : qu’on regarde, à partir des exemples qu’ils ont sur leur papier, comment sont formées les questions. J’y arriverais en français, mais ce serait un peu plus long, et ça déstabilise beaucoup les apprenants en difficulté, qui décrochent en général dans ces moments là.

Bref, il y en a un qui me cite une question, je la note au tableau, puis je leur demande comment on pourrait poser la même question différemment. En se basant sur leur papier, on arrive petit à petit aux différentes possibilités (Où habites-tu ? Tu habites où ? Où tu habites ?) et ils proposent spontanément des exemples qui permettent de pratiquer à nouveau. Bref, on fait tourner le truc et on laisse reposer jusqu’au cours suivant.

Après ça, histoire de se détendre un peu, on a fait une petite partie de Timeline. (Dobble au cours 1, Timeline au cours 5, quel sera le prochain ? ) Pour le coup, c’est quelque chose que je n’avais jamais fait, et ça a marché du tonnerre. Le jeu est très simple à expliquer en français, car on peut pratiquement tout montrer. Encore une fois, ça me permet d’apporter un peu de vocabulaire dont l’inutilité à leur niveau nous a bien fait rire (“un marteau piqueur”), mais surtout, ça les fait lire un peu à voix haute. J’en profite pour introduire très discrètement les chiffres des dates (1855 par exemple), en les prononçant très doucement. Bref, on s’amuse, on découvre et on pratique de nouvelles choses sans même le voir.

En rédigeant cet article, je me rends compte que je fais énormément de choses “en passant”. Je pense que c’est un des aspects essentiels de ma pratique de classe. Dans ce cas, ce qui compte, c’est de repasser aussi souvent que possible sur les mêmes choses, pour montrer que tout ça est utile en permanence, et rappeler, rappeler, rappeler. Je me souviens que mon tuteur de PGCE disait que le fait de considérer que des apprenants ont “déjà fait” tel ou tel point est une erreur. On n’a jamais complètement “fait” quelque chose, il faut toujours y revenir.

Pas de devoirs cette fois, car c’est Pâques ce week-end, et c’est une très grosse fête en Pologne.

Cours 6

Comme on a introduit les questions au cours d’avant, on commence cette fois à faire des tours de table en se posant mutuellement des questions. Une personne pose une question à une autre qui répond et pose une question à un autre qui répond, et on continue. Notez bien que sur la forme, c’est presque toujours la même activité qui ouvre le cours, mais que ça se complique petit à petit.

J’aurais pu introduire des questions simples dès le premier cours, et ainsi réaliser ce type d’échanges dès le deuxième cours, mais cela aurait été plus laborieux. Comme on a déjà bien pratiqué les réponses, la difficulté repose principalement sur le fait de poser une question. C’est plus ciblé, ça tourne un peu plus vite, et mine de rien, on ajoute peu à peu des éléments (“qu’est-ce que”, “combien”…). C’est une chose que je fais très souvent : j’attends que les apprenants demandent un élément pour le leur donner. Ca évite de surcharger au départ, et ça laisse un peu de liberté aux apprenants. Attention, ceci-dit, à ne pas s’égarer. Certains apprenants demandent parfois des choses complexes. Dans ces cas là, j’essaie toujours de reformuler ce qu’ils veulent dire avec les outils qu’ils connaissent déjà, pour ne pas leur donner de nouvelles choses qu’ils n’auront ensuite plus jamais l’occasion d’utiliser.

Puis, on fait un petit jeu de mémorisation : les apprenants regardent la liste des pays (cours 4), pendant une minute, puis ils ferment leurs livres et je dis un pays. Tour à tour, les apprenants doivent dire un pays, et répéter dans l’ordre la liste de tous les pays nommés avant. Je dis France, l’apprenant suivant dira France Belgique, le troisième France Belgique Allemagne… C’est rigolo, ça permet de retravailler un peu la graphie/ phonie (quand on arrive à 12 pays, je leur demande de prendre un papier et d’écrire la liste des pays.) et ça remet quelques noms de pays en tête.

Ca tombe bien, c’est utile pour l’activité suivante : dans Rond Point, il y a vraiment des trucs qu’on ne trouve nulle part ailleurs, et qui peuvent paraître inutiles à première vue. Mais si on creuse, c’est génial. Ici (activité 4p24), l’activité consiste à associer des photos à des noms de pays. Ouahhhhhh, trop fou comme activité. Oui, mais voilà, le but, c’est de le faire par 2, en échangeant en français. Il y a un petit dialogue d’exemple (“Je crois que ça, c’est la Belgique. / La Belgique ? Non, ça c’est les Pays-Bas.”)

Et c’est génial, parce que si on explique bien aux apprenants qu’il n’y a AUCUN intérêt à faire cette activité en polonais, ils le font en français, et ça le fait. Pourquoi ? Parce qu’on est dans de la vraie interaction. Simple, mais vraie. Tout de suite, les apprenants sont demandeurs et utilisateurs de phrases comme “Tu crois ?”, “Je suis d’accord.”, “Je ne suis pas d’accord”, “je ne sais pas.”, “Qu’est-ce que c’est ?” . Et ce qui est génial, c’est qu’on réutilisera tout ça au cours suivant dans une activité dont le concept est similaire, mais la forme plus développée. Je vous en parlerai dans mon prochain article.

La clé, ici, c’est d’encourager les apprenants à être libre. Surtout, ne pas rester dans le schéma de dialogue proposé, mais l’élargir, être vrai dans l’interaction. Sinon, on risque de s’enfermer dans des schémas. Attention, notez bien que pour certains apprenants, cette liberté est très déstabilisante.

Après ça, on fait encore une activité du livre autour de moi, toi, lui, elle, qui seront utiles pour le cours suivant. C’est très basique, mais bien pensé. Attention, ceci dit, il faudra y revenir pour éviter que les apprenants oublient. Je donne donc en devoirs un exercice du cahier d’exos sur cette thématique. Et voilà, le sixième cours est dernière nous.

A bientôt pour la suite. Si quelque chose n’était pas clair, n’hésitez pas à poser vos questions en commentaires.

Donnez votre avis !

Benoit Villette

Depuis déjà 10 ans dans le FLE comme formateur et formateur de formateurs. Je m'intéresse à l'innovation dans les pratiques pédagogiques, la pédagogie de projet, les simulations globales. Je milite pour une approche plus humaine des apprenants. Je suis en charge des séjours linguistiques France Horizons, animés par les Zexperts.

Pin It on Pinterest

Un mail par jour pour un mois d'inspiration FLE,

pour les fans des Zexperts, et ceux qui les découvrent.

Votre inscription a été prise en compte. A très vite :)