Si vous aussi vous vous creusez toujours la tête pour savoir comment introduire et choisir le lexique à apporter à vos élèves,

si vous non plus vous ne savez pas toujours jamais quoi faire d’une liste de vocabulaire (… avant que le cours ne commence),

et surtout si vous aussi, vous rechignez à l’idée de devoir créer votre propre liste de vocabulaire parce que 1. c’est fastidieux (et le temps c’est de l’arg… ah non zut, je suis prof de FLE) et 2. c’est délicat à délimiter,

cet article peut peut-être vous aider !

Article connexe : comment utiliser une liste de vocabulaire en FLE ?

 

Avant tout, une petite précision pour les puristes de la didactique : j’emploie indifféremment le mot lexique et vocabulaire pour désigner exactement la même chose, c’est-à-dire les mots que l’on désire profondément que nos apprenants connaissent et retiennent ;)

Ce n’est qu’une technique parmi d’autres, et si certains ont déjà leur propre méthode, partagez-la ! Que vous soyez timide ou du genre à garder farouchement le secret de votre recette préférée, c’est le moment d’être magnanime !!! –> les commentaires c’est par en-dessous ! :)

Le principe

Alors voilà, depuis tout petit on aime qu’on nous raconte des histoires, dans les livres, au cinéma, en chanson, au café, et c’est très probablement le cas aussi pour nos élèves.

Le principe est donc ultra simple, il suffit de penser à une chronologie, à un déroulement, et ce à partir du champ lexical que l’on souhaite aborder.

Par exemple, pour créer une carte de vocabulaire sur le thème de « l’amour », j’ai pensé à cette chronologie : la rencontre, l’union, le désamour, la séparation. Concrètement, ça donne ça :

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Logique me direz-vous ! Ben pas forcément… le nom des intitulés venant souvent après avoir commencé à jeter des mots sur le papier, avec au départ souvent des groupes de mots sans intitulé (4 groupes c’est l’idéal, parce que format A4, et format de pensée en mode économie d’énergie).

Pour ce qui est de cette carte, les groupes « rencontre » et « union » se sont naturellement imposés, mais pour ce qui est de la suite, j’avais d’abord séparé les mots liés à une séparation d’une relation non officielle (se faire plaquer,…) de ceux liés au divorce, pour finalement rester dans la chronologie. Comme quoi les catégories peuvent donc s’avérer relativement modulables, malléables, voire perméables ! (Et la perméabilité dans l’apprentissage, c’est cool, sauf quand il pleut dans la salle de classe – dans ce cas fermez les fenêtres ou mettez un toit, c’est selon).

Pour compléter ces listes on peut ensuite s’aider de ce site (bien entendu !) ou encore des listes de vocabulaire de Dites-moi un peu B1 ou du Nouvel Edito B1 ou B2, ou de toute autre liste à peu près bien faite et pas trop fouillis, ce que personnellement j’ai beaucoup de mal à trouver. Alors si vous avez des supers liens, merci de les ajouter en commentaires ! :)

Permettez-vous aussi des pointes d’humour (ou d’humeur) qui pourront provoquer la discussion, telles que « changer son statut Facebook de « en couple » à « c’est compliqué » », et ainsi faire réagir vos apprenants sur la manière dont certains jeunes conçoivent désormais les relations amoureuses.

Je vous conseille également de mettre sur une même ligne les synonymes, ou le verbe et son substantif, si c’est pertinent bien sûr, et je trouve aussi vachement important le fait d’accompagner le verbe de sa préposition s’il en a une !

Les avantages

  • des catégories très élastiques
  • une quantité/complexité de vocabulaire ajustable (vouloir faire preuve d’exhaustivité étant bien sûr impossible)
  • un zoom plus ou moins précis en fonction du niveau et des objectifs
  • la possibilité de présenter une ou des alternative(s) (puisque dans la vie, ce n’est jamais aussi linéaire) : après le « désamour », on pourrait aussi créer un groupe « réconciliation » (se réconcilier, raviver la flamme, reconquérir son cœur, donner une seconde chance,…) en opposition avec la «  séparation »

En plus de nous faciliter la tâche à nous, profs, en nous permettant également d’adapter au mieux la liste que l’on fournit à nos élèves, cela facilitera sûrement aussi la mémorisation de certains mots qui prendront plus de sens pour l’apprenant une fois contextualisés dans une histoire ! (en plus des documents authentiques.)

Comment utiliser la carte ?

C’est à vous de voir en fonction de vos objectifs, mais ça peut justement être un moyen de présenter du vocabulaire en amont de documents, tout en le contextualisant : j’ai notamment déjà raconté le déroulement en utilisant tous les mots (ou presque), et en regardant la tête des apprenants à chaque fois que je prononçais un des mots écrits sur la carte : si ça passe, je continue ; si certains ont l’air sceptique ou disent clairement qu’ils ne comprennent pas tel mot, je demande à une personne de l’expliquer, ou je l’explique moi-même le cas échéant (la chronologie pouvant franchement faciliter la compréhension). Et ça marche globalement plutôt bien, tout dépendant également des connaissances (supposées, mais toujours hétérogènes) qu’ils ont déjà sur tel ou tel champ lexical.

Mais vous avez aussi la possibilité d’utiliser une de ces nombreuses idées !

Ou l’on peut utiliser la carte comme récapitulatif (par exemple en fin de cours) en demandant aux élèves de raconter une histoire en réutilisant un maximum de mots (avec au besoin les cartes Speech, verbes ou mots à piocher pour susciter leur imagination !).

Dans un cadre à part (voir en jaune sur le PDF), vous pouvez également indiquer des idées de questions pour une discussion à suivre, par exemple en binôme avant une mise en commun.

Je précise également que cela peut être complémentaire avec les activités « cartes mentales » dont il a déjà été question dans d’autres articles, tel qu’ici ou ,  en proposant par exemple aux élèves de discuter à partir des seuls intitulés de la chronologie en utilisant un certain nombre de mots qu’ils peuvent ensuite placer sous les intitulés.

Et ça marche pour tout ?

Ayant il y a peu réalisé une activité du type « alibi », j’avais par exemple également créé une carte « enquête policière » avec les groupes suivants : délit/crime commis, scène de crime, suspects, procès.

En fait, ça peut marcher avec tous les thèmes (ou presque) à condition de prendre un certain angle, en pensant à une situation intrinsèquement liée au champ lexical/thème que vous souhaitez aborder. Par exemple pour aborder le vocabulaire lié au fait de « regarder la télé », vous pouvez utiliser la chronologie suivante :

  • J’allume la télé : télécommande, écran plat, plateau télé,…
  • Je zappe : les différents type d’émissions,…
  • Je commente : lexique de l’appréciation, live-tweeter avec des mots-dièse (sic),…
  • J’éteins la télé (oui ça peut arriver !) : se sentir mieux informé, « y’a jamais rien de toute façon », se vider la tête, temps de cerveau disponible,… –> en gros, donner des éléments/mots-clés/embryons d’opinion pour débattre !

Voici quelques pistes avec d’autres thèmes : l’écologie (des causes de pollution aux alternatives), le travail (des stages et contrats ultra-précaires à la réussite pour finir chômeur à 55 ans pour cause de licenciement économique), l’argent (du RSA à une vie de luxe ou inversement), les vacances (du choix de la destination au commentaire sur Trip Advisor), la mode (de l’essayage aux photos du défilé dans ELLE), etc…

Bref, faites ça à votre sauce ;) (mayonnaise bien sûr, en espérant qu’elle prenne !)

 

PS : Le fait de faire cuire un œuf dur en même temps peut être un bon moyen pour ne pas partir dans tous les sens (encore plus si vous kiffez les œufs mollets !), et ainsi vous saurez également comment occuper judicieusement votre temps la prochaine qu’on vous dira d’aller vous en faire cuire un ! #mangeunoeuf

 


Renaud Kintz

Dans le FLE depuis plusieurs années, j'ai notamment travaillé en Allemagne et en Angleterre, et j'enseigne actuellement en Suisse, principalement à un public d'adultes. Mon approche est ancrée dans le ludique, j'aime beaucoup utiliser les chansons, et je m'intéresse aussi à l'appropriation de l'espace de la salle par les apprenants (parce que j'aime quand ça bouge !).

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