Du sexisme en classe de FLE (auteure invitée)
Amélie Charcosset
12 mai 2016

Du sexisme en classe de FLE (auteure invitée)

Cet article fait partie d’un diptyque sur le féminisme, proposé par Ewa et Amélie, auteure invitée. Lire l’article d’Ewa.

Un de mes buts dans la vie, c’est de faire en sorte que mes actions soient en cohérence avec ce que je pense. (Juste après « faire en sorte que mes étudiant.e.s réussissent à faire des blagues en français », mais c’est une autre histoire.) Cette idée d’être en phase me parle beaucoup et me fait pas mal cogiter, lire, débattre, discuter. D’abord, parce que ce n’est pas toujours évident de savoir ce qu’on pense (en tout cas pour moi !) et, ensuite, ce n’est pas évident non plus de lisser ses contradictions et de changer ses automatismes.

Cette idée de cohérence m’accompagne dans ma vie quotidienne, et donc, forcément, dans mon boulot. Je suis (entre autres, hein) féministe, (et vous ?) et je crois que ce contre quoi je me bats le plus au sein de mes cours est le sexisme. Je ne compte plus le nombre de documents authentiques que j’ai envoyés valser parce qu’ils contenaient des remarques machistes ou paternalistes. Alors oui, me direz-vous, au moins c’est authentique, mais c’est moyennement ce que j’ai envie de transmettre à mes apprenant.e.s. Parfois, il y a des trucs dans les manuels qui sortent de nulle part et qui me font bondir :

cette belle fille

La phrase d’exemple, « Regardez cette belle fille. », au milieu d’une unité sur le voyage, coincée entre une scène de camping sauvage et une attaque d’ours, nan, désolée, mais je vois pas le rapport. Et, oui, ça me gave. Les listes de lexique avec « une secrétaire, un médecin, un mécanicien, une hôtesse de l’air » me donnent envie de faire manger le bouquin à son auteur.e, et les vidéos de « greluche » heureusement sauvée par l’homme qui vient tout lui expliquer me hérissent les poils (que j’ai) (puisque je suis féministe) (un article sur les clichés, disais-je). BREF.

Le jour où j’ai pris une sacrée claque, c’est celui où j’ai voulu, en cours avec des débutant.e.s complet.e.s, expliquer « masculin » et « féminin », et où j’ai dessiné, au tableau, deux silhouettes. L’une avait des cheveux longs et une jupe. Tout à coup, je me suis rendu compte que je ne faisais que reproduire là un des trucs qui m’agaçaient le plus : pourquoi la femme devrait-elle toujours avoir les cheveux longs et porter des jupes ? (demande celle aux cheveux courts et toujours en pantalon qui rédige cet article et se considère néanmoins comme femme.) C’est bête mais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas trouvé de solution idéale pour expliquer ces deux termes d’une façon qui me convienne tout à fait : les signes « universels » (mes élèves au Kirghizstan ne les comprenaient pas) me dépriment depuis qu’on m’a dit, pour que je m’en souvienne, qu’ils rappelaient (ou représentaient ?!) un miroir de poche qu’on tient dans la main (pour la femme) et un sexe en érection (pour l’homme). Okay. Quant au fait de désigner directement deux personnes de la classe (un homme et une femme, donc), il me met un peu mal à l’aise. Genrer les personnes a priori, sur leur apparence physique, ça m’embête, parce que c’est leur imposer ça et que si ça ne leur correspond pas, je risque de les mettre dans une position délicate, qu’elles n’auront pas l’occasion d’expliciter (déjà en général, j’imagine que ce n’est pas forcément évident, mais en plus dans une langue étrangère à laquelle elles ont été exposées quatre heures à peine, n’en parlons pas !). Et comme mon autre but principal dans ma vie (lié au fait que je veux que mes apprenant.e.s puissent faire des blagues), c’est de créer un cadre bienveillant pour chacun.e où il.elle se sente bien pour apprendre… eh bien, je bloque. Bon, on s’en sort quand même hein, on dédramatise beaucoup, et ça se passe bien, mais ça fait partie de mes questionnements, et je n’ai pas grand-chose de bien concret à vous apporter sur le sujet.

Mais je continue ma réflexion sur le féminisme, le FLE, et le cours de langue. Comme vous qui lisez cet article, j’imagine, je m’intéresse donc à la langue, et à sa transmission. Et régulièrement, je me répète que la langue est un outil de pouvoir. Il n’y a qu’à voir pour ça les réponses cinglantes aux commentaires bourrés de fautes d’orthographe sous des articles ou sur des forums : les auteur.e.s de ces infamies feraient mieux « d’aller apprendre à écrire avant d’oser prendre la parole. » Comme si les commentaires en question ne pouvaient pas comporter de bonnes idées. Sauf que, ouf, si, ils peuvent. Mais il est vrai qu’on a tendance à être plus sensible à et plus influencé.e par un discours avec de belles phrases et une certaine fluidité. Rien de neuf sous le soleil (de Bruxelles) (non je rigole, il pleut). Si la langue est un outil de pouvoir, c’est donc qu’il y a dans la langue une dimension politique. Soit. Mais je ne vais pas m’éterniser sur « le masculin qui l’emporte » même quand il y a 69 (c’est jusque là que mes apprenant.e.s savent compter) femmes et un seul homme, parce que ça, je ne peux pas y faire grand-chose (à part veiller à proposer autant – voire plus ! – d’exemples au féminin qu’au masculin)…

Bon, du coup, qu’est-ce qu’on fait ? Enfin, on, je sais pas, mais moi en tout cas : je passe à l’écriture épicène. Épicène, c’est un de ces mots chouettes que j’avais été contente d’apprendre en fac de lettres, ça signifie « dont la forme ne varie pas en genre ». Par exemple, « remarquable » est un adjectif épicène, et, entre nous, je trouve l’écriture épicène remarquable ! L’idée est donc de « promouvoir l’égalité des sexes dans la rédaction » en utilisant des formulations qui ne distinguent pas le masculin du féminin ou qui mettent les deux au même niveau. Alors, dans mes cours, je dis bonsoir à toutes et à tous, demandez à un étudiant ou une étudiante, etc. : je m’efforce de donner les deux formes à chaque fois.

Et quand je passe à l’écrit ? J’avoue, continuer à mettre des e entre parenthèses pour la forme au féminin m’embête carrément. Parce qu’en primaire, à peu près au même moment que la règle citée précédemment, j’ai appris que les parenthèses servaient à rajouter un détail, éventuellement à faire une digression. En clair : que ce qu’elles contenaient n’étaient pas aussi important que la proposition principale. Voilà voilà… Du coup, je me suis mise à utiliser le point – comme vous l’aurez peut-être remarqué si vous avez été attentif.ve depuis le début de l’article. C’est peut-être un détail pour vous, comme dirait l’autre, mais je crois que ça joue un rôle, et que la langue et la société évolueront en même temps, qu’il ne faut pas attendre que l’une démarre pour que l’autre suive. Ça ne déstabilise pas les apprenant.e.s ; à la limite, plutôt les professeur.e.s ;-) Parce que ça nous demande de modifier nos pratiques, de bousculer nos habitudes, alors que pour nos élèves, ce sont des coups de main de début d’apprentissage à prendre.

De même, j’enseigne allègrement le féminin des noms de métiers. L’argument « c’est moche » ou « ça fait bizarre » ne tient pas avec les apprenant.e.s puisque pour elleux, ce qui est bizarre, c’est que O et U fassent [u], que E, A et U fassent [o], que le H en début de mot ne se prononce pas, que les consonnes soient presque toujours muettes quand elles sont finales. Ah sauf dans cinq, six, sept. Et huit. Et neuf. Et dix. Bref, à côté de ça, apprendre « professeure » ou « écrivaine », c’est fastoche. Et puis je fais attention à avoir au moins autant de phrases au féminin qu’au masculin dans mes exercices. Et je leur propose de lire des Livres  dont vous êtes l’héroïne ;).

Je n’enseigne plus non plus « mademoiselle », puisque le terme a été supprimé des courriers administratifs en France en 2012 (et à Bruxelles en 2015). J’essaie de faire au mieux de mes convictions, parce que je suis persuadée que c’est quand on est cohérent.e qu’on est le.la plus clair.e, et le.la plus passionnant.e. Et si jamais on aborde le sujet dans des groupes avec un niveau plus élevé, c’est l’occasion de leur montrer quelques images du Zizi des mots, d’Elisabeth Brami : un imagier présentant à chaque fois un couple de mots masculin/féminin. « Le même mot désigne au masculin une personne mais au féminin un objet, voire un animal, ce qui donne : masculin = humain et féminin = machin ! »

zizi des mots 2

Et vous, le sexisme en classe, vous y êtes confronté.e ? Comment vous gérez ça ? Et l’écriture épicène, ça vous parle, ça vous heurte ? Venez nous raconter dans les commentaires :)

Amélie Charcosset

Amélie Charcosset

Après avoir travaillé en France, en Irlande, en Slovénie et au Kirghizstan, j'ai posé mon sac à dos en Belgique où j'ai la chance de pouvoir exercer deux boulots-passions : prof de FLE & animatrice d'ateliers d'écriture, voire de mélanger les deux, en faisant écrire mes apprenant.e.s ! Une autre façon de s'approprier la langue ! Je m'intéresse aussi à l'interdisciplinarité, au jeu et à l'art en général comme vecteur d'émancipation (des apprenant.e.s comme des enseignant.e.s ;)). https://leszexpertsfle.com/etiquette-produit/amelie/

38 Commentaires

  1. Delphine

    Bonjour à toi,

    Et merci pour ta vision de l’enseignement. Je suis d’accord avec toi sur le fait que notre enseignement, même quand on essaye de faire attention, reste plein de préjugés notamment sexistes (même quand on est féministe).
    Du coup, j’ai adopté à peu près les mêmes techniques que toi !
    Je me souviens l’an dernier d’un élève qui m’avait dit : mais madame tous vos exemples sont au féminin dans cet exercice. (ce qui était vrai) Personne n’avait jamais réagit pour l’inverse …
    Bref, travaillons nos représentations.

    • Amélie Charcosset

      Bonjour Delphine,
      merci pour ton message et ta lecture ! Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il nous reste plein de préjugés sexistes ou autres même si on est féministe, et comme tu le soulignes, c’est très important pour moi d’en avoir conscience et de travailler à leur déconstruction (et pas juste dans le cadre professionnel) ! La remarque de ton élève est super révélatrice quant au boulot qu’il reste à parcourir vers l’égalité :)

  2. Laurence Vandomel

    Je trouve cet article très intéressant et il fait vraiment avancer ma réflexion.
    En FLE comme dans les écoles primaires, les livres et les documents utilisés sont à la fois des supports pédagogiques et des instruments de diffusion de la culture et la volonté de simplification favorise la propagation des clichés de différentes natures. Je militais au MLF quand j’étais jeune et je défends en privé la cause des femmes ; pourtant j’ai moi-même utilisé les symboles « femme stylisée avec jupe » et « homme stylisé avec pantalon » ; c’est triplement stupide : ça reproduit un cliché, ça ne reproduit plus la réalité en France et ça ne cadre pas avec la culture de tous les apprenants ; aujourd’hui, je pense à utiliser la lune et le soleil (attention ce n’est pas 100 % universel).
    J’espère que vos articles vont nous faire réfléchir, nous, professeurs de FLE, et pourquoi pas, lancer une réflexion et un partage de pratiques.
    Pour les livres et documents, certaines collections (je ne les nommerai pas) véhiculent beaucoup de clichés, mais il y a beaucoup d’ouvrages récents qui évitent ce travers (peut-être parce qu’ils ont été écrits en majorité par des femmes ?) ; il est donc parfois nécessaire de refaire des documents à partir
    des manuels en changeant les prénoms par exemple ou en remplaçant les photos. Lorsque je donne des cours de français professionnel, comme je rédige des exercices personnalisés je peux assurer une représentation non machiste.
    Là où j’ai besoin de matériel, c’est pour représenter les professions : des photos de médecin au féminin etc.
    J’aimerais aussi que l’on puisse faire le point sur les noms des professions : où en est l’Académie française ?
    Sur cette question du droit et de l’écriture, je vous remercie de votre exemple sur l’écriture épicène : des points au lieu des parenthèses (apprenant.e.s ) ; est-ce que c’est utilisé ailleurs ? Je ne suis pas sûre que cela facilite la compréhension surtout dans les mots comme « auditeur.trice.s » . J’utilise le / pour « il / elle » et le plus souvent les 2 formes (étudiant ou étudiante). Une alternative au point pourrait être le tiret (cela se fait au Canada : « les étudiant-e-s »).
    Je suis un peu dubitative sur l’utilisation du Zizi des mots, d’Elisabeth Brami : je ne vois pas le rapport entre un mandarin et une mandarine ; lorsque j’explique un mot (surtout quand il ne s’écrit pas comme il se prononce), j’explique parfois son étymologie ; cela permet de comprendre pourquoi
    lundi est le jour de la lune par exemple (luna = la lune ; dies = le jour). Au lieu de montrer que la place de la femme n’est pas satisfaisante dans la langue française, je montre des exemples contraires : à la question rituelle des apprenants débutants « comment savoir si un nom est féminin ou masculin », la réponse est (entre autres) : « Les mots de qualité en « té » et en « tion » sont féminins : la clarté, l’attention….. Les mots en « teur » sont masculins : l’aspirateur, le réfrigérateur …» 
    Laurence

    • Amélie Charcosset

      Bonjour Laurence,
      je suis heureuse de savoir que cet article a pu faire réfléchir certain.e.s lecteurs.trices, et me faire avancer moi aussi avec les commentaires constructifs :) C’est ça qu’on aime chez les Zexperts !
      Et ravie de voir que la représentation homme pantalon / femme jupe vous interpelle aussi. J’aime bien qu’on cherche de nouvelles alternatives. Cependant, j’ai du mal à imaginer « la lune » et « le soleil » dans ma classe. Comme c’est aussi en début d’apprentissage que je vois le jour/la nuit/les heures, j’aurais peur que les apprenant.e.s fassent des mélanges hasardeux et se retrouvent convaincus qu’en français, on utilise « il » le jour et « elle » la nuit ;-) Avez-vous déjà essayé de procéder ainsi ? Je serais curieuse d’en savoir plus. Je pense aussi que ça ne marcherait pas dans mes cours parce que je ne vois pas moi-même assez directement le lien, et on fait mieux comprendre/passer les messages avec lesquels on est d’accord et les choses auxquelles on croit :)
      Concernant les professions au féminin, les moteurs de recherche donnent quand même il me semble beaucoup de possibilité, mais ça implique de revoir effectivement ses imagiers, ce qui peut être assez chronophage. (Ceci dit, il n’est pas question selon moi de donner toutes les professions au féminin, mais simplement d’équilibrer, en sortant des stéréotypes).
      Pour l’écriture épicène, je vois de plus en plus le point utilisé. Alors bien sûr, ça dépend de ce qu’on lit, des milieux que l’on côtoie. J’ai aussi été surprise, voire dérangée, par l’écriture épicène au début, parce que je la trouvais un peu difficile à mettre en place, mais après réflexion(s), je me suis rendu compte que c’est ce qui me parlait le plus (en tout cas pour l’instant, à l’endroit où je suis) et que c’était seulement un coup de main à prendre. Après, cette étape-là n’est pas obligatoire (et « obligatoire », on s’entend, je parle de *ma* pratique sans forcer qui que ce soit à en faire de même ;)), il y a d’autres façons d’écrire de manière épicène qui choquera peut-être moins les gens ? De très bonnes explications sont données dans ce guide de la rédaction épicène : https://www.usherbrooke.ca/langue/fileadmin/sites/langue/documents/guide_redacepicene.pdf Et pour la différence tiret/point, je ne sais pas s’il y en a une, là aussi, c’était une question d’habitude (dans les articles que je lis, je vois plus le point utilisé que les tirets, donc j’ai suivi le mouvement !)
      Pour l’utilisation du Zizi des mots, je n’ai pas pris le temps de développer dans l’article : il ne s’agit pas de baser un cours là-dessus (on a pour cela un excellent pack de conversation sur les inégalités hommes/femmes disponible dans la boutique des Zexperts :)), mais plutôt de le montrer comme un clin d’oeil : c’est pour moi un texte interpelant parce qu’il se situe quelque part entre la poésie involontaire et le jeu de mots : des mots masculins désignent des personnes, mais dès qu’on leur rajoute un -e, ils deviennent des choses, des objets. Je ne dis donc pas qu’il faut se contenter de cela, mais plutôt que cet album peut amorcer la discussion, qu’on alimentera avec d’autres ressources.
      Et enfin, concernant l’étymologie, j’aime beaucoup l’expliquer aussi. Par contre, concernant les noms masculins ou féminins, j’ai l’impression qu’il y a toujours mille exceptions qui finissent par convaincre les apprenant.e.s qu’il vaut mieux apprendre directement le genre du nom ;)
      Merci pour l’échange en tout cas !

  3. Macho FLE

    Le féminisme est vraiment la ruine de l’intelligence, on en a encore la preuve ici. Vraiment n’importe quoi ! Jargon à vomir dans une langue totalement destructurée : je plains vos éudiants… oh pardon, vos zapprenants qui devront parler le français dans un contexte normal de vie normale…

    • Benoit Villette

      Bonjour et merci de votre message.
      Votre avis est tout à fait respectable, cependant, je vous invite à argumenter un peu plus. Vous ne donnez en effet aucun élément pour soutenir votre point de vue, ce qui rend difficile toute discussion.
      Si toutefois votre but n’est pas d’entrer dans une discussion constructive, mais plutôt de lancer des attaques (pour des raisons qui vous regardent), je vous encourage à ne pas aller plus loin.
      En vous remerciant par avance,

      • Macho FLE

        Je ne vais pas passer 20 pages à argumenter contre ce qui va à l’encontre de ce qu’Orwell appelait la décence ordinaire et contre le français correctement écrit par ailleurs.

        CE COMMENTAIRE A ETE MODIFIE CAR IL CONTENAIT DES PROPOS INJURIEUX.

        • Gab

          Impressionnant. On s’attend, lorsqu’on parle de FLE, à trouver des professionnels pour qui l’idée principale, derrière celle de l’enseignement est une ouverture aux sociétés diverses du monde,une appréhension de la francophonie dans sa diversité voire une certaine difficulté à concilier français normé et pratique professionnelle. Très impressionné donc de vous trouver vous, militant pour une “société normale” (il vous faudra surement plus de 20 pages pour tenter d’expliquer ce concept) et qui ne crache pas sur la critique physique niveau collège.
          Vous devez être un excellent prof en tout les cas, si l’on en juge par votre capacité de remise en question.
          Pour information (puisqu’elle a de l’importance pour vous a priori) j’ai des attributs sexuels de type masculins et j’espère du fond du cœur aider à créer du grotesque et du pitoyable, histoire de vous aigrir un peu plus.

          • Macho FLE

            Oh, moi je ne suis pas aigri. Mais vous, continuez à renier ce que vous êtes, ça a l’air de vous réussir :-)

        • PomPom

          C’est vrai ça, arrêtons un peu avec ces traumatismes imaginaires ! On aurait besoin de féminisme si on en était encore à décréter ce à quoi une femme doit ressembler pour mériter le respect ou pour avoir le droit d’être bien dans sa peau. Non vraiment, aujourd’hui on n’en est plus là. Parfois on leur découvre même un peu de talent d’écriture, à ces femmes. Ouais.

          • Macho FLE

            Et vous pouvez reformuler la chose en français correct, svp ?

          • Benoit Villette

            Je pense que PomPom a voulu dire que les féministes sont nécessaires, justement parce que certaines personnes se permettent de juger les femmes sur leur apparence uniquement.

        • Cerisedegroupama

          Du très haut niveau. Insulter sur le physique, sous-entendre que les hommes soutenant le féminisme ne sont pas de vrais hommes, vous exciter sur votre clavier alors que tout le monde ici vous parle avec respect (je n’aurais pas été aussi tendre à leur place et vous avez de la chance qu’ils ne vous aient pas sanctionné).

          J’ai beau ne pas utiliser l’écriture inclusive (je trouve ça fastidieux et pas très joli, pour être honnête), l’éducation que j’ai reçue et qui apparemment vous fait défaut m’a appris à respecter les avis différents du mien, je n’ai donc pas insulté l’auteur, je ne me suis donc pas énervée toute seule simplement parce qu’elle avait des idées différentes des miennes. Vous devriez vraiment, vraiment apprendre à vous calmer et à parler aux gens avec le respect qui leur est dû. Et commencer à nous considérer, nous les femmes comme des êtres humains et non des poupées dont l’apparence peut être contrôlée, dont la parole peut être limitée.

          Je ne peux pas m’empêcher de me demander comment vous traitez vos élèves femmes, si vous êtes prof. Je suis bien contente de ne pas vous avoir !

          • Macho FLE

            CE COMMENTAIRE A ETE MODIFIE CAR IL CONTENAIT DES PROPOS INJURIEUX.

          • Cerisedegroupama

            On a clairement pas la même définition d’insulter, alors, parce que renvoyer une femme à son physique et lui ordonner de se taire, lui faire comprendre qu’elle ferait mieux de passer du temps à tenter de correspondre à des normes physiques au lieu de le passer à faire ce dont elle a envie, c’est clairement insultant en plus de ne pas être très intelligent.

            Concernant les hommes féministes, il est vrai que de nombreux hommes s’amusent à se prétendre féministes pour “pécho”, ou pour se faire mousser, mais d’autres sont sincèrement impliqués dans le combat et méritent, comme tout le monde, le respect.

            “L’épisode des Verts devrait pourtant vous avoir appris à vous méfier des hommes féministes… qui sont, de l’aveu de toutes mes amies, les êtres les moins attirants qui soient.”

            Navrée mais contrairement à vous, je m’intéresse à la personnalité, aux idées d’une personne avant de regarder son physique.

            “Mais évidemment, même les féministes restent souvent des femmes, et préfèrent des hommes avec un peu de virilité… ;-) !)”

            Il est vrai que la majorité des femmes, de nos jours, préfèrent les hommes virils, mais c’est loin d’être le cas de toutes, et les hommes efféminés sont loin, loin de toutes nous laisser indifférentes. De toutes manières, je ne vois pas pourquoi quelqu’un devrait tenter de se conformer pour plaire au sexe opposé. Personnellement j’aime un peu tout (hommes efféminés, virils, “autre”), et je trouve souvent les hommes efféminés très attirants, surtout s’ils ont des cheveux longs (et je trouve même que le khol et le mascara vous vont très bien, messieurs !) ^^

            Je vous conseille cet article qui explique tout cela bien mieux que moi : http://cafelanguedepute.canalblog.com/archives/2016/03/07/33481743.html

  4. ZZtop

    Macho FLE? Juste une petite suggestion, changez de pseudo: Magnon CRO vous siérait si bien

    • Macho FLE

      Margaux : ce que vous écrivez est tellement fin, subtil et élégant ! En un mot : féministe ! J’en ai la larme à l’oeil.

  5. Benoit Villette

    Les commentaires insultants ont été supprimés. Par défaut, les réponses à ces commentaires ont disparu.

    Nous attendons d’avance les cris d’indignation face à la montée des fachos qui entravent la liberté d’expression ;), on fera avec.
    C’est la première fois qu’on fait ça en trois ans.

    Je précise que les commentaires de ce billet ne paraitront plus automatiquement (c’était le cas jusqu’à maintenant), mais qu’ils seront systématiquement modérés.

    Cordialement,

    • Macho FLE

      Ok, ma réponse précédente va trop loin et est épidermique, est pour le coup insultante, et je m’en excuse, mais :
      – vous n’avez aucunement besoin de censurer, c’est ridicule.
      – votre phrase concernant les “fachos” est incompréhensible, ça devient pénible ce mot de “facho” utilisé pour tout et n’importe quoi, alors je vous ai rendu l’appareil. Pour ma part, comme je ne suis pas rital pour un sou, je ne me sens pas du tout concerné par le fascisme.

      • Benoit Villette

        Je pense que vous ne mesurez pas à quel point vos propos sont insultants. Je crois deviner que la plupart de vos commentaires sont des piques lancées pour le plaisir, mais j’estime que vous allez trop loin. Nous avons donc choisi de vous censurer.

        Encore une fois, si vous souhaitez participer au débat de manière constructive, vous le pouvez, mais vos commentaires seront systématiquement relus avant publication. D’ailleurs, je pense que je pourrais même être d’accord avec certains de vos arguments (et d’autres lecteurs et lectrices aussi) si vous les exprimiez paisiblement et de manière argumentée.

        Le mot facho ne vous visait pas, mais nous visait nous, puisque c’est bien nous qui réduisons ici votre liberté d’expression.

        Respectueusement,

  6. Aude

    Merci pour votre article mais je ne suis pas sûre de comprendre pourquoi l’enseignement du masculin/féminin vous pose autant de problème…n’est-ce pas justement lui donner trop de poids?

    “Une jardinière de légumes” c’est délicieux (je la cuisine avec amour pour ma famille et ne me sens pas du tout “diminué” en tant que femme bien au contraire), les fleurs que j’ai planté dans ma “jardinière” me rendent vraiment heureuses et puis cela fait de moi une “jardinière” amateur(e?), non?
    Par contre si j’étais une “jardinière” professionnelle, je préfèrerais être appelée “créatrice de jardin” cela fait plus chic, qu’en pensez vous? (dénomination repérée dans cet article qui contient de très jolies photos par ailleurs… http://www.deco.fr/jardin-jardinage/arbre-arbuste/actualite-744945-rencontre-liliane-creatrice-jardin-liliane-haute-vienne.html)
    Bonne journée, Aude

    • Amélie Charcosset

      Bonjour Aude,
      Merci à vous pour votre commentaire.
      Ce n’est pas l’enseignement du masculin/féminin qui me pose problème, c’est le fait qu’on ait tendance (parce qu’on nous a appris à faire comme ça) à enseigner seulement le masculin, ce qui n’est pas pareil ! Alors évidemment, là, j’en parle dans un article, donc ça veut dire que oui, j’y accorde de l’importance, mais je ne passe pas mes cours à insister là-dessus, une fois que les apprenant.e.s ont compris le principe, on passe à la suite ! Et je suis tout à fait d’accord que la jardinière de légumes, c’est délicieux, je ne me sens pas du tout diminuée en la cuisinant non plus, et j’aime bien planter des fleurs dans des jardinières, hein :) Comme dans ma réponse à Laurence, je ré-explique le concept du Zizi des mots, c’est juste ce clin d’oeil à la langue : « ah tiens, regardez, en français, c’est drôle, il y a des mots masculins qui désignent des gens, et dès qu’on les met au féminin, ils désignent des choses », c’est peut-être un hasard, peut-être pas, je n’en fais pas une généralité, mais c’est une manière comme une autre d’attirer le regard sur le sujet !
      Et allons-y pour “créatrice de jardin” si vous le voulez, je suis pour le réenchantement du vocabulaire ;)

  7. anne marie

    Et tiens, un bel exemple qui fait très mal, récemment découvert chez l’éditeur Larousse alors que je m’interrogeais sur l’utilisation de leurs “apéro-cartes” (que je n’ai plus du tout envie d’acheter quand je découvre leur ligne éditoriale…): ex. le “girls box” (excusez , mais sans doute l’anglais fait-il plus “in”) où bien entendu dans les activités ludiques on apprend à faire des bracelets.. et son pendant le “boys book” (et là je cite, c’est trop savoureux) “L’incontournable « bible » des jeunes garçons aventuriers et un « collecteur » fabuleux pour les pères, désireux de transmettre à leur fils le B.A.-BA des loisirs de la gente masculine.
    On est où? à quelle époque?
    Et je pense que ceux qui produisent ces books ignorent qu’à l’époque de Renoir les garçons portaient une robe jusqu’à 6 ou 7 ans.
    En tous cas merci à Amélie pour son excellent article et aux Zexperts pour les abriter, les diffuser

  8. Alice M

    Merci Amélie pour ton article ! Pour enseigner le principe du masculin et féminin, en général, je fais des phrases simples avec des étudiants de la classe. Ils me décrivent ce qui est différent : un e en plus, un son différent pour tels mots (les adjectifs) mais pas pour les autres (verbes). Je n’utilise pas la métalangue, mais demande juste les mots qui changent dans les phrases.

    • Amélie Charcosset

      Avec plaisir, Alice ! :)
      Oui à l’utilisation de moins de métalangage (mais les manuels en font souvent usage, alors j’ai toujours l’impression de devoir forcément y passer !). Et en A1, les apprenant.e.s (les mien.ne.s en tout cas :p) prononcent très souvent “un” comme “une”, il faut du temps avant qu’ils.elles ne se corrigent !

  9. Caroline

    Merci pour cet article Amélie. Jusque sur un site de FLE, la moindre tentative de questionnement, ou juste de mise en évidence, du système de genre, déchaîne la violence la plus méprisable. C’est dire à quel point il était et reste nécessaire de ne pas te (et nous) taire. Au plaisir de te relire ici !

  10. Bruno

    Merci pour cet article qui soulève des réflexions salutaires.
    J’avoue en avoir personnellement ras-le-bol de tous les dialogues ou exemples qui illustrent des points grammaticaux à coup de, je cite :
    “- Je dois absolument faire de la gym… Je dois perdre des kilos avant l’été !
    -Ah, les femmes ! Nous sommes toutes les mêmes…”
    et autres : “Elle ____ (boire) moins de café et elle ____ (faire) un régime.”
    RAS-LE-BOL !
    Alors que faire ? Le signaler systématiquement aux éditeurs/trices et auteur.e.s ?
    Vous avez des idées ?

    • Alice M

      Oui, signaler les exemples aux auteurs me paraît une bonne idée, mais aussi peut-être écrire un petit article pour le FDLM ?

        • anne marie

          Un jour de Saint Valentin?
          le moment ou jamais de vous répondre, chers Zexperts, d’autant que la “saturation masculine” (reprenons la formule scientifique) n’existe pas qu’en grammaire :
          Quelle surprise de découvrir chez des collègues innovants des cartes de jeu pour maîtriser l’ histoire où, sur une cinquantaine de portraits, une seule femme apparait ! Trop drôle car si on veut pousser le bouchon, ces cartes peuvent servir dans un jeu de cartes type Pouilleux, Mistigri où la pauvre Jeanne d’Arc, car c’est elle la rescapé de ce jeu d’histoire, est celle – ça ne change pas!- dont il faut se débarrasser!!!!
          La démarche d’Amélie, en revanche, me semble très intéressante (je l’ai appliquée, par exemple à la connaissance des peintres, ce qui m’a permis de découvrir des “peintresses” exceptionnelles, pas seulement chez nos contemporaines, des oeuvres magnifique).

          • Benoit Villette

            Bonjour Anne-Marie,
            de quel jeu s’agit-il ?

  11. Noëlle

    Bonjour Benoît,

    J’avais effectivement remarqué la même chose qu’Anne-Marie.
    Cela se trouve dans le pack de conversation l’histoire, page 11.
    36 personnages historiques dont 4 femmes: Cléopâtre, Jeanne d’Arc, Elizabeth I et Lucy, la femme préhistorique.
    Il vous a fallu 2 ans et demie pour ne pas trouver des cartes de jeu pour maîtriser l’histoire dans un pack sur l’histoire…
    Cela dit, j’apprécie énormément votre site depuis des années.

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