En janvier, pour Charlie, on avait décidé de ne rien proposer sur le blog. Quand on est blogueur, la tentation de surfer sur un évènement pour faire du buzz n’est jamais loin. On ne voulait pas ça, et on s’est dit qu’on allait la boucler, tout simplement. Un commentaire sur cet article nous avait encouragé à proposer quelque chose.

Du coup, cette fois, on s’est dit qu’on devait s’y mettre. Lundi matin, beaucoup d’entre nous iront en salle de classe, avec le besoin d’outils pour parler de l’horreur pendant leurs cours de FLE. Que proposer ?

Avec Maxime, on est tombés d’accord tout de suite. Dans nos cartons, il y a un outil en préparation, un truc qu’on teste avec un objectif très concret : animer des conversations dès le niveau A2. On voulait le sortir plus tard, bien testé, bien solide, et sur des thématiques sympas.

Parfois, la vie ne laisse ni l’espace, ni le temps pour les thématiques sympas. Alors on vous donne l’outil tel quel, adapté pour l’occasion, avec l’espoir que vous en ferez bon usage.

Cet outil est extrêmement basique (c’est d’ailleurs pour cela qu’il fonctionne à différents niveaux), et c’est votre expérience de prof qui fera la différence. Du doigté, s’il vous plait, surtout sur cette thématique.

La carte mentale de conversation

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Comment l’utiliser

Le plus souvent, les cartes mentales utilisées en FLE sont une version améliorée d’une liste de vocabulaire classique. On s’en sert pour organiser, réviser du vocabulaire classé par thématiques.

Ce qu’on vous propose ici est différent. Il ne s’agit pas d’une carte pour réviser, ni même pour apprendre, mais bien d’une carte pour parler.

Nous l’avons imaginée pour être utilisée de la manière suivante :

  • Distribuez la carte aux apprenants (une par binôme), ainsi que la liste de mots (page 2, une par personne).
  • Les apprenants, en binômes, doivent classer les mots sur la carte, en justifiant leurs choix. Vous remarquerez que certains mots ne semblent pas faire partie du “champ lexical” du terrorisme. En effet, l’objectif est de faire travailler les apprenants par associations d’idées. (La vente d’arme, par exemple, est-elle une cause du terrorisme, ou une conséquence, ou un moyen de lutter contre le terrorisme ? Différents apprenants associeront ce concept à différents aspects.)
  • Faites une mise en commun en forum, en proposant à chaque personne, tour à tour, de placer un mot sur la carte en justifiant son choix. Vous pouvez utiliser pour cela les papiers à découper de la page 3, avec une version A3 de la carte.

D’autres possibilités d’emploi de la carte:

  • On peut proposer de classer ensemble les mots, en grand groupe, avec une version A3 de la carte et les petits papiers de la page 3.
  • Enfin, si vous trouvez qu’il y a trop de mots, demandez par exemple à vos eleves d’en placer seulement 2,3 ou 4 par zones de la carte mentale puis de se justifier.

L’idée de base est que l’outil est polyvalent. Il faut juste prendre le temps de réfléchir à la meilleure approche pour votre groupe, en fonction du niveau, et surtout de l’habitude des apprenants à s’exprimer librement, sans être trop guidés. Posez-vous les questions suivantes :

  • Avant ou après une compréhension orale sur ce thème ? Ou complètement seule ?
  • Mes apprenants ont-ils besoin de se préparer seuls à la maison, puis de confronter leurs cartes mentales à celle de leur voisin ? Ou on se lance tout de suite ?
  • Faut-il prendre plus de temps en binôme, ou plus de temps en forum ?
  • De quelle manière vais-je aider les apprenants à commencer leur discussion s’ils hésitent ? (Un conseil clé : demandez-leur quel mot les fait réagir. Les listes ont été conçues pour ratisser large, et donc susciter, sur un mot ou l’autre différent pour chaque apprenant, une réaction. Partez de ce mot en demandant à l’apprenant de l’inscrire sur la carte, et demandez-lui pourquoi il l’a mis là. Un deuxième conseil : n’ayez pas peur du petit temps de silence au lancement de l’activité. Au besoin, commencez par placer deux mots sur la carte en forum.)
  • Faut-il donner un objectif plus concret ? (Par exemple : “placez 10 de ces mots sur la carte” ou “trouvez 10 mots qui peuvent se placer à différents endroits sur la carte”)

Enfin, n’oubliez pas que l’objectif est de créer un espace de conversation aussi libre que possible (ce qui parait normal en B2, mais est beaucoup plus difficile à réaliser en A2). Pour cela, l’une des clés est de faire sentir à vos apprenants qu’il n’y a pas nécessairement de bonne réponse, et que leur opinion est respectée. Et ça, c’est un travail de longue haleine. Laissez les apprenants s’éloigner un peu du sujet s’ils le souhaitent, ou s’exprimer en laissant l’outil de côté (ne confondez pas l’outil et sa finalité).

Voilà, voilà, au boulot les cocos. Pour construire la paix, vous êtes en première ligne, et ce même si personne n’a les yeux fixés sur vous.

Si vous testez cette ressource, merci de nous faire des retours rapidement, d’autres en profiteront.


Benoit Villette

Je suis formateur FLE (Master FLE et PGCE) depuis plus de 10 ans. J’aime l’approche actionelle, l’humour en cours et la nouveauté.

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