Note provisoire : dans le contexte de « Je suis Charlie« , et suite au commentaire de Fanny sous cet article, nous suggérons d’utiliser cette activité comme une « catharsis »mais aussi pour lancer une discussion sur la manière dont les apprenants envisagent l’avenir. Notez bien que cette activité (et donc cet article) n’a pas été créée spécialement dans ce but. Adaptez donc si nécessaire. Bon cours.

 

Comment partir d’une chanson hyper optimiste vers une image catastrophique du futur, tout en travaillant la grammaire et en renforçant la compétence combinatoire ?

Aujourd’hui je vous propose de créer un texte méchant avec vos élèves qui viennent d’apprendre les bases du futur simple. D’habitude, ils aiment bien créer des textes, surtout quand ils n’ont qu’à détourner quelques idées. Je vous mets également d’une fiche pour des classes qui ont besoin d’inspiration directe.

Tout d’abord, écoutez cette chanson avec la classe. Elle a l’air d’être créée exprès pour travailler le futur simple (on a de la chance). L’artiste « croit que… », fait des prévisions, tout est incertain et fantasmatique, le vocabulaire est plutôt basique et en plus c’est facile pour la compréhension orale. Merci K ! Malheureusement il n’y a pas de clip vidéo, mais ce serait peut-être trop bien.

Cette chanson s’écoute bien avec un bon vieux texte à trous. Il ne faut pas en abuser, mais un texte à trous de temps en temps, ça n’a jamais tué personne.

Ici, j’ai effacé des verbes au futur simple (juste une petite partie) et tout ce qui est l’objectif idéal (des enfants, de l’argent, une maison, des amis, le soleil…). Les élèves découvrent donc progressivement les éléments d’un bon futur tout en observant les formes verbales qui sont toujours nouvelles pour eux. Consacrez un peu de temps à l’explication, pour que tout soit clair, clarifiez les notions plus vagues comme par exemple « de la paix à la pelle ». Insistez évidemment sur l’utilisation du futur simple dans ce contexte spécifique.

Divisez la classe en paires. Proposez-leur de créer un texte (à la première ou à la troisième personne) qui constituerait une opposition de celui-ci. Vous pouvez l’intituler « Je ne suis pas bien ». Avant de s’y mettre, les élèves sont sollicités pour répertorier tout ce qui leur paraît négatif dans les prévisions du futur. Mettez toutes les idées au tableau (je raterai un train ; j’épouserai un idiot ; mon chien mangera mes …) avant de distribuer les « cartes-idées » (à découper).

zexperts-mots-je-suis-bien

Vous trouverez ici 32 verbes et 32 substantifs qui peuvent alimenter les textes si les élèves sont en panne d’idées. Ce qui est drôle, c’est qu’on a ici une multitude de combinaisons possibles, on évite donc la répétition et on peut oser selon les préférences et le courage.

Ma première inspiration pour ces cartes, c’était un jeu appelé Cards Against Humanity, catégorie « pas de limites », nous, on va y aller plus doucement. (Je n’ai pas mis le lien, si vous allez voir, c’est à vous d’assumer.)

Une fois les textes rédigés, chaque paire présente sa proposition. Appréciez l’originalité et l’humour.

NB : pour créer le texte, il faut coller les mots ensemble. Cette activité demande par conséquent l’utilisation des prépositions, des articles, des adjectifs possessifs et démonstratifs. C’est une bonne gymnastique pour les A2. Poussez les élèves à l’autocorrection.

De même, j’ai parlé de la compétence combinatoire : encouragez les élèves à créer des phrases plus compliquées, à expérimenter avec des compléments, des sujets, des phrases complexes. Et surtout encouragez l’expression libre.

Je crois que vous profiterez bien de cette petite activité. Je suis bien !

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