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Quel manuel de FLE pour le niveau A2? Alter Ego Plus 2, le test
Maxime Girard
13 janvier 2015

Quel manuel de FLE pour le niveau A2? Alter Ego Plus 2, le test

Salut ! Nous continuons aujourd’hui notre série d’articles d’analyse sur une sélection subjective des manuels les plus intéressants pour les différents niveaux du CECR. Précision importante : notre point de vue n’engage que nous et est intimement lié à notre pratique ! A vous de vous faire votre propre avis.  Sur le grill aujourd’hui : Alter Ego Plus 2.

Remarque : Nous espérons bien  que ces articles déclencheront des discussions dans les commentaires pour une réflexion plus large sur les manuels aujourd’hui disponibles en FLE. Venez partager votre expérience et votre point de vue!

Alter Ego Plus 2 est un manuel publié par hachette FLE et paru en 2012.  Plus d’infos et des extraits de l’ouvrage sur le site officiel de l’éditeur.

J’ai eu l’occasion de me servir de cette méthode pour des cours individuels et voici mon point de vue :

D’abord, je vous invite à vous référer à la critique du manuel version A1 Alter Ego Plus 1.

Globalement, les mêmes remarques peuvent s’appliquer aux deux manuels car ils sont construits sur un modèle similaire.

Les points positifs:
  • Une méthode complète avec beaucoup d’exercices (doubles pages d’exercices pour chaque unité + cahier d’exercices: de quoi se passer de ressources extérieures)
  • une mise en page propre et claire, de nombreux documents fournis, des exercices de phonétiques regroupés en fin de manuel, les transcriptions, un lexique thématique...tout est disponible dans le livre de l’élève pour faciliter le travail du prof et de l’apprenant.
  • Une méthode avec une progression en spirale vraiment bien pensée et des séquences pédagogiques limpides.
  • Les 5 premières unités sont vraiment bien faites et bien thématisées. J’aime beaucoup la première (les relations, l’amitié, l’amour), la troisième (les différences culturelles, les lieux de vie, la ville) et la quatrième sur les médias. A partir des documents et des séquences fournis, il est très facile d’imaginer des activités complémentaires.  (ex. Pg 16, décrire les types d’amitié, pg 22 évoquer des changements AVANT/APRÈS, pg 42 donner des conseils pour un entretien d’embauche, page 60 comparer des villes, page 55 sur les blagues et les clichés, amusant). Ça reste classique,on a vu souvent cela dans d’autres manuels mais les documents audios et écrits sont riches et inspirent rapidement le prof.
  • un manuel toujours riche d’un point de vue lexical grâce aux documents fournis

 

Les points négatifs:
  • Comme Alter Ego 1 PLUS, c’est une méthode essentiellement communicative. L’approche actionnelle est toujours relayée en bas de page dans des “projet dossier” un peu coupée du reste. Les séquences pédagogiques sont construites sur des objectifs de communication très voire trop précis.

Ainsi, parfois, ça marche et c’est assez transversal comme les séquences:

Raconter une rencontre pg24

-Raconter une expérience universitaire page35

MAIS c’est parfois très limité comme

-Inciter à pratiquer une activité de loisirs pg92 (pfff rien que de lire le titre mes élèves s’endorment…)

-Rapporter un exploit pg 132 (a moins d’être Batman, on fait pas ça tous les jours…)

– Demander le prêt d’un objet pg150

Bien entendu ces séquences sont construites autour d’un point de grammaire. Par exemple, Demander le prêt d’un objet pg150 permet de travailler la double pronominalisation. Le point de grammaire est bien expliqué et cela permet aussi d’étudier trois verbes importants: rendre, emprunter et prêter.  Mais à trop vouloir thématiser les points de grammaire en les croisant avec un objectif de communication, on arrive à quelque chose d’ennuyeux et de limitatif. Ainsi, on nous demande dans cette séquence d’écouter une demande de prêt puis de jouer une scène de demande de prêt.

  • un peu trop d’exercices de compréhension écrite à mon goût. La majorité des séquences commencent par un document écrit et des questions associées. Vous avez intérêt à demander  à vos élèves de préparer la lecture à l’avance pour éviter de perdre du temps en cours et de ralentir violemment le rythme du cours. C’est très studieux mais c’est un peu ch…
  • Les séquences sont répétitives dans leur construction et provoquent une certaine lassitude (comme pour Alter Ego 1 :j’écoute ou je lis, je réponds, je systématise, je fais l’exercice, je parle 1 minutes ou je fais un jeu de rôle, et on recommence…).
  • les activités proposées sont trop passives et manquent d’interactions : elles consistent essentiellement pour l’élève à répondre correctement aux questions posées (exercices d’écoute et de compréhension écrite, point langue). Il manque de l’interaction pour le groupe et des activités de conversations pour revenir sur le “personnel”. On doit donc rajouter ces activités pour que l’élève puisse s’exprimer un peu plus librement.
  • Enfin, les 3 dernières unités sont vraiment mal thématisées. On a l’impression d’avoir du remplissage et des séquences disparates construites à la hâte et sans fil conducteur clair. Il ne se dégage pas de thématique claire et c’est un gros problème pour l’étudiant (je suis moi même apprenant en PLE polonais langue étrangère:) et comme mes élèves, j’ai besoin d’avoir au moins une idée vague de la thématique générale pour pouvoir étudier. Une thématique claire permet d’avoir un objectif clair d’un point de vue lexical.).

Par exemple, l’unité 8 qui s’intitule Educ’actions parle :

-d’écologie

-de la lecture et de la fête du livre

-du prêt d’un objet

– de l’hygiène de vie

-des règles de savoir-vivre dans les transports en commun

Certes, j’ai bien compris que tout cela servait à nous éduquer et nous sensibiliser à certains problèmes mais ça reste un peu trop intellectuel et verbeux comme plan d’unité.

En résumé, ces 3 unités demandent un travail de refonte intégral pour devenir stimulantes pour les apprenants…Elles peuvent clairement décourager les apprenants si elles sont utilisées telles quelles.

 

CONCLUSION

Alter Ego 2 + souffre des mêmes maux que la version A1 . On peut cependant remarquer que certaines unités sont très bien pensées et permettent facilement de préparer des activités complémentaires comme des tâches par exemple. Il peut donc être un outil agréable en cours individuel car il est complet. Pour des cours collectifs  en petits groupes, cette méthode peut être pertinente si vous détricotez les séquences pour éviter la lassitude et si vous ajoutez de l’interaction. C’est un manuel très adapté aux grands groupes (type lycée) ou l’apprentissage est malheureusement souvent passif (affirmation confirmée par une collègue prof de FLE dans un lycée de Varsovie. Les élèves lui ont aussi fait remarquer qu’en cas d’absence, il est difficile de retravailler la leçon non effectuée en autonomie.).

 

Et vous, qu’en pensez-vous?

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Maxime Girard

Maxime Girard

Professeur de FLE à Varsovie, j’adore les jeux de société depuis tout petit et forcément, pendant mes cours, ça se ressent ! Mon credo c’est de faire parler un maximum les apprenants, même les petits niveaux, sur tous les sujets, les plus inhabituels aussi.

10 Commentaires

  1. Guillaume Eymery

    Bonjour á tous,
    j’utilise cette méthode depuis un an environ. Je suis globalement d’accord avec l’analyse qui en est faîte. Mais personellement je n’ai jamais eu de problèmes d’interactions comme il est indiqué en point faible ici.Au contraire, je pense que les parties “échangez!” sont plutôt bien pensées. Elles sont présentes á quasiment chaque leçon et permettent justement de sortir du coté rebarbatif des comprehension écrites (lá je suis d’accord). Travaillant pour des écoles de langues privées au Brésil, j’ai peut être aussi la chance d’avoir des éléves dejà naturellement interessés ^^
    Sinon bravo pour votre site trés clair et complet.
    Guillaume

  2. Brusseleir

    Bonjour et merci !

    Toujours bienvenues, ces analyses. Dommage qu’elles ne remontent pas jusqu’aux auteurs !
    Je commence seulement à me plonger dans AE+A2 pour préparer une session d’adultes (60 h).
    Un constat sur une erreure de conception fondamentale et récurrente, déjà observée dans le A1 : la partie « grammaticale » (quel mot !) des leçons pâtit gravement du manque de réflexion-conceptualisation au niveau linguistique, donc plus élevé que le niveau « grammatical ».
    Je m’explique le plus brièvement possible : comme dans la plupart des manuels de FLE, les connaissances linguistiques des auteurs sont, pour rester modéré, limitées. Or, sauf erreur de ma part, quand on prépare un manuel, si on n’a pas réfléchi un peu sérieusement sur la langue, les modèles (‘patterns’), enseignés d’une part ; les moyens didactiques mobilisés pour les enseigner, d’autre part, il me semble qu’on a raté la cible avant de commencer.
    Un exemple tiré du « Tableau des contenus » d’AE+A2 : dans « Objectifs sociolangagier », sous-groupe « Objectifs linguistiques », sous-sous-groupe « Lexicaux », on trouve plus ou moins pêle-mêle : « Termes liés aux relations amicales », « Termes liés au voisinage » (« terme » ? c’est quoi, en linguistique, un “terme” ?) et « Quelques formules impersonnelles pour exprimer la nécessité ». Pas besoin d’un doctorat pour constater la confusion : ces « formules » ne font pas partie du lexique, ce sont des notions, elle relèvent des modèles de la langue. Idem : « Formules du mail / de la lettre de motivation » : à l’évidence, ce ne sont pas les mêmes « formules » du tout ! Etc.
    Autre erreur fatale : la « grammaire » mélange sans cesse la morphologie et la syntaxe-sémantique. Exemple : « Le plus-que-parfait » et « la formation des adverbes irréguliers en –amment /–emment ». Non, désolé ! Déjà, l’enseignement des adverbes en –amment/ –emment, ça relève de la phonétique (graphie/phonie : confusion « ils mangent » / « couramment »). Mais surtout, AE/A2 ne pose jamais la question – centrale à mon avis – de la place de l’enseignement de la morphologie en méthode communicative et, ou actionnelle. Sans réponse claire (si c’est possible…) à cette question, et engagement de la part de l’enseignant, pas de didactique possible.
    Pour mémoire : cette question (parmi d’autres essentielles) a fait l’objet d’un ouvrage remarquable, unique en son genre (à ma connaissance) : H. Besse, R. Porquier (décédé en 2013), « Grammaire et didactique des langues », Crédif-Didier, 1991 (disponibilité ?) Dans ce livre exceptionnel, les auteurs rappellent que l’enseignement de la « grammaire » (notion d’ailleurs discutée dans un chapitre) en FLE repose encore et toujours (hélas !) sur l’idéologie de l’Education nationale, laquelle repose entre autre sur la survalorisation de la morphologie au détriment de la syntaxe et surtout, du sens. Cette idéologie « républicaine » (sic) repose aussi sur des analyses utilisant des notions présentées comme des « faits de nature », et non comme les concepts abstraits et arbitraires qu’elles sont. Par exemple : la division des verbes en « groupes » qui sous-tend l’enseignement des conjugaisons. (Pour ma part, je n’enseigne pas la conjugaison en tant que telle.)
    Pour les enseignants intéressés : P. Charaudeau, « Grammaire du sens et de l’expression », Hachette Education, 1992. Et aussi : G.-D. de Salins, « Grammaire pour l’enseignement/apprentissage du FLE », Didier-Hatier, 1996, qui s’inspire de Charaudeau.
    Bien à vous !

  3. Jerome Arfi

    Rappels sur AE+ A1 : manuel inégal, avec dossiers passables à corrects et dossiers insuffisants.

    Le cas d’AE+ A2 : tout à fait différent ! À mon avis, l’échec est global, total mais mystérieux.

    Sans approfondir, à ce stade de la réflexion, quelques pistes :

    1. inadéquation entre les thématiques, relativement ambitieuses, et les moyens proposés – pauvres. Résultat : les apprenants ne sont pas dotés en fin de leçon des outils lexicaux et morphosyntaxiques qui leur permettraient de relever les défis des thématiques et des tâches (par ailleurs singulièrement peu imaginatives) de production, orale et écrite. Par exemple : “simulation d’un entretien d’embauche”, hors d’atteinte. D’où l’ennui et le rejet (expérience vécue) non verbalisé par les apprenants.

    2. Insuffisances graves et criantes, à la fois au niveau linguistique et au niveau didactique. Par exmple : “Evoquer des changements positifs” (dossier 1, leçon 2). Le traitement de la comparaison proposé est une véritable catastrophe, incohérente voire contre-productive. Absurdité relevée par un étudiant : “moins d’indifférenc” > “On se parlait moins” (dans le Point Langue).

    Le genre d’outils qui mènent droit à l’impasse, voire à l’incompréhension et au chaos en cours, en particulier avec une notion aussi délicate que la comparaison.

    Interrogation : ce livre a-t-il été conçu par des linguistes professionnels ou sous-traité à des tâcherons étudiants/amateurs travaillant à la pige ? On se l’demande, parfois…

    3. Contradictions internes par manque de réflexion et de méthode. AE+ A1-A2 se définissent comme des méthodes communicatives reposant sur la grammaire en contexte, inductive-déductive. Or, tout linguiste et didacticien même modeste sait qu’on ne peut pas faire raisonnablement de la grammaire en contexte à partir de textes authentiques. Impossibilité de plus en plus impossible avec l’augmentation du niveau de complexité de la langue étudiée. Comme AE+ A2 repose sur des textes plus ou moins authentiques, l’échec était programmé. Par exemple, dans ce dossier 1. (Je n’évoque même pas, par politesse, la déroute de la leçon 1 de ce dossier : “Rapporter les paroles de quelqu’un” – à éviter absolument pour cause d’implosion en vol.)

    Conclusion : compte tenu du niveau cible, le choix des textes (pseudo) authentiques : erreur méthodologique initiale fatale. Ce choix a amené les auteurs à faire des contorsions grotesques et pathétiques pour “faire coller” les notions aux textes, avec une efficacité dérisoire.

    Il est évident, me semble-t-il, que c’est l’inverse qu’il fallait faire. Quitte à proposer – pour les compétences de compréhension orale et compréhension écrites – des textes authentiques (100 % authentiques), en plus. (Ils l’ont fait par exemple avec Ph. Delerm, dans un “Carnet de voyage”, dossier 1, qui fonctionne plutôt bien en classe.)

    Sincères salutations,

  4. Marilyn

    Bonjour, je cherche une suite pour Alter Ego Plus 1, et vu le nombre de critiques négatives concernant AE Plus 2, je préfère éviter de l’utiliser. Pourriez-vous me suggérer une autre méthode qui soit meilleure? Il y a la nouvelle méthode Texto 2 qui a l’air intéressant, mais elle est sortie très récemment – y a-t-il quelqu’un qui l’a utilisée? Ou bien il y a Echo 2, mais j’en suis pas trop convaincue….

    • Maxime Girard

      Bonjour,
      personnellement, je ne connais aucune méthode au niveau A2 qui me satisfasse:). Mais c’est un point de vue personnel:)….Je sais que Benoit et Ewa utilisent Nouveau Rond-point 2, mais c’est une méthode très spécifique. Benoit ou Ewa, un commentaire?
      De mon côté, de façon très pragmatique, je dirais que si vous avez commencé avec Alter Ego 1 +, continuez avec sa suite mais retravaillez le contenu, ajoutez et supprimez des choses. Ensuite, au niveau B1, la meilleure méthode est, pour moi, à l’heure actuelle Edito B1 (attention, pour des adultes ou grands ados).

      Bien à vous,
      Maxime

    • Benoit Villette

      En fait, j’ai un peu le même problème. Je travaille en ce moment avec AE+2 car il est plus facile à utiliser que NRP2 (qui n’est pas transcendant à mon avis) et peut être utilisé presque sans préparation. Mais c’est sûr que c’est pas folichon folichon. Après, pour moi, il n’est pas pire que le 1.

  5. Arfi

    Avec retard, une tentative de synthèse sur AE+ A2 > réflexions de fond sur le business des manuels de FLE :

    1) le manuel, une nuisance… utile : les formateurs qui prétendent pouvoir se passer de manuel sont soit des affabulateurs (politesse…), soit des stakhanovistes, grands délirants menacés par le surmenage, soit encore des “éclecticiens”, càd des utilisateurs naifs et, ou cyniques (névrosés-pervers, selon la nouvelle clinique) de la Grande Poubelle Planétaire (GPP = l’internet).

    2) AE+ A1 & A2 : 2 cas de figure sensiblement différents (je connais pas les suivants). Points communs – négatifs, désolé ! :

    a)Le manuel suit le modèle franchouillard bien connu, à savoir : frappes massives sur les apprenants, bombardements d’infos, tirs nourris de notions. Objectif des auteurs”, je présume : les survivants (30-40 % d’une classe de vrais débutants) parleront un jour français comme à l’Aca(ca)démie. Pas de surprise : c’est l’idéologie “Educa(ca)tion nationale” telle qu’en elle-même : sélection-élimination-destruction. Quiconque a transpiré (au sens propre : j’ai bouzillé une veste neuve en juillet à Bruxelles en session intensive pour débutants, 4 h / jour) sur les 3-4 premiers dossiers d’AE+ A1 sait que ces 4 sections nécessiteraient, au moins, 120 heures, pas 60 !

    b) Pratique de l’oral : le parent pauvre, comme d’hab’ ! Peu d’activités, mal ou pas conçues, imagination zéro mais ambitions mégalomaniaques : 80 à 90 % des activités orales d’AE+ A1 sont hors d’atteinte de vrais débutants à moins de 60 h.

    c) Notions vs fonctions : déception renouvelée. On rêve toujours d’un manuel résolument, honnêtement et courageusement communicatif dans l’enseignement-apprentissage des notions en contexte et à visée fonctionnelle. Trop long à développer ici, mais en bref : en général (rares exceptions), les Points langues font que reprendre les mauvaises vieilles explications grammaticales qui trainent partout depuis… des siècles ! Exemple type : comparatif et superlatif (cf. commentaires plus anciens) dans AE+ A2. Ou encore : article dit “partitif” dans AE+ A1 – c’est visible, les auteurs ont pas ouvert un bouqin de linguistique depuis leurs études, sinon, ils nous auraient épargné le “partitif pluriel” dont chacun sait qu’il existe pas et surtout, qu’on peut tout à fait s’en passer en classe – “je mange de la salade et des légumes”, “des” = pluriel et basta !
    Et ça, c’est plus profond, comme mal. Soit les auteurs savent pas ; soit ils osent pas. Tant pis pour eux et pour nous, formateurs, parce que franchement, on peut facilement faire mieux, plus simple et plus efficace. Ex. : pour le superlatif, en fondant l’explication de la notion sur la phonétique, i.e., les différentes prononciations de “plus” (y’a d’ailleurs un assez bon doc. audio dans AE+ A2) ; pour le “partitif”, avec des flash-cards – “du bœuf, de la dinde, de l’agneau” – et sans même utiliser le métalangage douteux. Ça marche, ça amuse et ça repose, coup triple.

    d) Au niveau A2, désolé, mais y’a pas grand chose à sauver. ‘The inherent vice'(hommage à Pynchon, Thomas. En général (pas toujour, toujours, c’est vrai) :
    I) le passage de A1 > A2 = un triple saut périlleux. L’effort demandé à l’enseignant et à l’apprenant pour passer du “jaune” au “vert” est irréaliste. (Je parle même pas d’une classe où on a fourré des apprenants supposés avoir acquis le niveau A1 sans avoir suivi de cours de français.)
    II) À l’intérieur de chaque leçon, le passage à la communication est une gageure, la leçon est focalisée sur la compréhension de docs (oraux et écrits) en général trop difficiles ; le manuel ne fournit donc pas d’outils immédiatement utilisables, en particulier lexicaux pour communiquer, ici et maintenant, vu que justement, les docs sont trop difficiles – réemploi hors d’atteinte. Résultat : découragement de l’apprenant, désarroi de l’enseignant. Pour moi, c’est la preuve de l’échec du projet dans sa conception même.
    III) Souvent, pas toujours mais souvent, la finalité de la leçon est soit pas claire, soit irréaliste, soit… à côté de la plaque, ex. : Doss 3, leç 3, “Paris-province, le match”. Activité orale : “Etablissez des records pour un quartier, par rapport aux autres quartiers de votre ville, etc.” Ouais, j’veux bien, mais… franchement !

    Sans s’appesantir sur l’orthographe pas à jour (“événement”, tirets dans les nombres composés, etc.) ; la rédaction surréellement surannée des consignes, en particulier dans AE+ A1, ex. : “Il s’agit de…” après ± 20 h. (j’ai fini par expliquer à une apprenante qui me demandait de lire les consignes que, justement, ben non !) ; les grotesques pseudo-russes, grecs, allemand, etc. à la prononciation bien d’chez nous du cocktail “inaugural” d’AE+ A1 ; des Marseillais “de Paris” (Malik et Lucile, sic) dans AE+ A1 (on m’dira que c’est idem dans “Plus belle la vie”, mais c’est pas une raison, n’est-ce pas Robert Guédiguian ? Par contre, dans AE+ A2, l’âne Pompom et son maitre parlent tous les deux francitan, bravo !) ; des explications grammaticales “à l’ancienne”, là où une simple ligne avec des répères en dirait tellement plus, tellement mieux, ex. : le plus que parfait ; de trop nombreuses, activités toxiques du Cahier, ex. : AE+ A2, doss 2, leç 2, marqueurs temporels : on enseigne “pour” dans le futur, mais l’activité réclame “pendant”, cherchez l’erreur ! (De toute façon, la majorité des activités du Cahier sont pas autre chose que des exercices à trous déguisés, très vaguement contextualisés, à l’exception d’un certain nombre d’activités de compréhension écrite solides, mais répétitives.)

    Bref (si j’puis dire…)

    Bien à vous,

    J. A.

  6. DEBORA

    Mes étudiants veulent changer de format, on était avec Alter Ego+1. Si Rond Point et Alter Ego 2 ne sont pas les meilleurs, avez-vous d’autres suggestions ? Que pensez-vous de la méthode Entre Nous ?

    Merci

    • Maxime Girard

      Bonjour, j’utilise en ce moment même Entre nous 1 avec des apprenants débutants et je dois dire que, parmi les méthodes actuellement disponibles, c’est celle qui me convient le mieux. Bien sûr, il faut adapter parfois (je trouve que ça manque d’activités d’interaction orale et de tâches) mais c’est un outil vraiment riche et bien fait. Je recommande !

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