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Allez, on continue ! Merci à vous si vous ne vous êtes pas arrêtés en cours de route. Je m’accroche pour réussir à garder le rythme de ce suivi d’un cours A0. Déjà 12 cours derrière nous, et voici les 3 suivants.

Cours 13

Le douzième cours nous avait amené aux arbres généalogiques, à la famille… avec des devoirs : chaque apprenant devait préparer son arbre généalogique. Aujourd’hui, j’ai trois apprenants en face de moi, dont un qui n’était pas là la dernière fois. Les deux autres ont préparé leurs arbres. Ouf ! Comme ils ne sont pas très nombreux, on travaille en forum. (Habituellement, je les mets par paires, et chacun doit raconter son arbre généalogique à l’autre, qui le dessine). Les deux filles me racontent donc tour à tour leur arbre généalogique, et je les dessine au tableau. 

Ca peut avoir un petit côté répétitif, du coup, je m’efforce de poser des questions ou à faire des remarques (“oh, il y a beaucoup de garçons dans cette famille”…) pour rendre les choses plus vivantes. En cas de faute, j’émets un petit bruit de gorge, ce qui invite l’apprenant à se corriger. Si l’apprenant ne trouve pas où est sa faute, je recopie sa phrase au tableau, en laissant un blanc à l’endroit où il a “fauté”. Je tape avec mon style à cet endroit, en disant “il y a un problème ici. des propositions ?” L’ensemble de la classe est invitée à corriger. ca me permet de garder tout le monde relativement actif.

Puis, histoire de changer un peu de sujet, je vais approfondir “les goûts” en me basant sur un document audio de “Connexions 1” : 100% questions (souvenirs, souvenirs ? ) Le document en question n’est pas transcendant, mais il permet de réviser pas mal d’éléments vu dans l’activité “Rue du Moulin Neuf“, tout en creusant un peu la question des goûts : j’aime, je n’aime pas… Pour les orienter dans leur écoute, je leur donne le tableau suivant :

Telecharger (PDF, 37KB)

Notez que le verbe aimer est déjà apparu dans la “Rue du Moulin Neuf” à plusieurs reprises, ce n’est donc pas vraiment une nouveauté. de plus, la facilité de l’exercice (encore que, pas pour tout le monde) permet aux apprenants de saisir des informations supplémentaires, qui n’étaient pas demandées à priori, mais que je demanderai lors de la correction, ou lors d’une écoute supplémentaire.

Et c’est tout pour aujourd’hui.

Cours 14

Cette fois, on ouvre avec un mini coup de conjugaison : j’écris les infinitifs “être”, “avoir” et “s’appeler” au tableau, et je propose aux apprenants de conjuguer ces verbes sur un papier. C’est une version un peu plus difficile de ce qui a été fait au cours 12. Puis je note les conjugaisons au tableau. Il y a beaucoup de fautes, ce qui indique que si les apprenants sont actifs en cours, ils le sont moins à la maison.

C’est peut-être le revers de la médaille : comme mes apprenants sont incités à utiliser la langue, ils sont peu motivés pour apprendre des choses par cœur, car cela leur est peu demandé. Du coup, cela peut entrainer des lacunes, et il faudrait peut-être que je sois plus à cheval sur l’apprentissage formel…

Après ça, je leur fais une petite surprise en leur demandant de sortir une feuille et de m’écrire un petit texte pour se présenter. “Donnez le maximum d’informations sur Moi” (C’est à dire “vous”, pas “moi” ;) ). Ça râle un peu, bien sûr, mais ils s’exécutent. Au fond, ce n’est rien d’autre qu’une petite expression écrite éclair.

Les résultats sont très variables. Certains s’en sortent très bien, d’autres n’arrivent tout simplement à écrire aucune phrase, et sont obligés de s’aider de leurs notes. Après ça, je leur explique en polonais que mon objectif n’est pas de les juger, mais de voir un peu où ils en sont, et qu’en fait, c’est surtout pour eux, pour qu’ils voient leurs difficultés.

Après ça, je dois reconnaitre que j’ai un gros gros trou. je ne sais plus du tout ce qu’on a fait. Possible que je mélange un peu avec le cours d’avant, cette activité sur les goûts… Peu importe, ce que je sais, c’est que je n’ai fait aucune activité du livre ou du cahier d’exercice, et qu’il y a 15 minutes durant lesquelles on a forcement fait quelque chose… mais quoi ?

Ce dont je me souviens, c’est qu’on a terminé par un Dobble. Petit à petit, le vocabulaire commence à rentrer, mais cela permet aussi de revenir encore et toujours à la phonétique, en évitant à tout prix que cet aspect passe à la trappe (et si on en fait rien, soyez sûrs qu’il y passe.)

Cours 15

Ce cours, c’est le cours fatal, celui qui arrive toujours à un moment ou un autre. C’est celui où les apprenants prennent conscience qu’il va falloir bosser un peu, sinon, ça ne sert à rien. C’est indépendant de ma volonté, mais ça arrive toujours à peu près au même moment, quand la quantité de choses à connaître commence quand même à être conséquente, et que certains apprenants s’aperçoivent qu’ils sont à la ramasse. En général, l’ambiance n’est pas fantastique lors de ces cours là, et ça a été le cas, mais il faut bien y passer.

J’ai donc commencé par rendre leurs petites expressions écrites, corrigées à ma manière, c’est à dire pas corrigées. (Notez qu’il y a deux articles sur le sujet des corrections de copies, sous le tag “petits tutos“.) je me contente de souligner les fautes, puis je les laisse corriger deux par deux, en répondant aux questions si nécessaires. Bon déjà, pour certains, le retour de copie a été un peu douloureux.

Après ça, hop, encore un petit coup de conjugaison au tableau, comme au cours d’avant. Et là, échec total (ou juste partiel pour certains). On a corrigé ensemble leurs erreurs, et je leur ai dit (gentiment) qu’il allait falloir passer la seconde, parce que la, c’était pas génial. Visiblement, ils étaient d’accord avec mon analyse ;)

Sur ce, je propose de corriger des exercices qui étaient à faire en devoirs depuis un certain temps… et personne ne les avait faits. Du coup, on a fait ensemble un des exercices, orienté conjugaison (difficile de faire plus simple). Et ça a pris tellement de temps qu’ils étaient eux-mêmes un peu verts.

Dans ces cas là, ce que je leur répète, c’est que venir en cours représente un effort de leur part, et qu’il suffirait d’un petit effort supplémentaire pour que le résultat soit largement meilleur. (Je suis du genre à calculer, même si ça ne sert à rien, et je pense que le modèle suivant est représentatif : 120 minutes de cours par semaine = effet 3/10, 120 minutes de cours + 2 fois 15 minutes de travail individuel par semaine = effet 7/10. En gros, 25% de temps en plus amène à 130% d’amélioration des résultats. Bref, on s’en fiche, mais ça dit bien les choses : si tu étudies un peu à la maison, tu réussis beaucoup mieux.)

Il nous reste un peu de temps, et je décide de me lancer dans la tâche finale de l’unité 3 de Rond Point 1. Ca reprend un peu la “Rue du Moulin Neuf”, en allant plus loin : Ici, il faut placer ensemble des personnes (17 personnes à répartir en 4 tables) pour un repas. Pour y arriver, on passe d’abord par deux étapes : associer des descriptions de personnes à leur photo (ce qui est de la compréhension écrite), et récupérer quelques infos supplémentaires sur ces personnes à partir d’un document audio. puis, en paires, ils pourront négocier le placement des personnes.

Pour cette fois, je renonce à essayer de les faire discuter de qui est qui en paires. C’est trop “la même chose” que ce qu’on a fait avant. Et même si la répétition est reine de l’apprentissage, là, ça serait un peu relou. Surtout qu’ils ne sont pas d’humeur, alors on y va molo ;)

Du coup, chacun dans son coin, ils commencent à associer les images des personnes avec les descriptions. c’est relativement facile. Mais c’est sur la suite que je ne vais pas les lâcher. Cette activité ne prend que quelques minutes, et je propose donc de commencer la correction même si le cours touche à sa fin. Et je demande donc à une des apprenantes de me faire une proposition d’association. Elle commence donc par la personne numéro 1 (Charles Bramard, si vous avez le livre), et elle me balbutie un truc du genre “c’est il”. et pourtant, elle fait partie de ceux qui s’en sortent bien.

Moment assez déroutant, mais tout à fait normal, où on s’aperçoit que nos apprenants ne maitrisent que dalle, et qu’il faut encore tout reprendre. Vous savez quoi ? ils ne sont pas idiots et vous n’êtes pas mauvais. C’est juste que la quantité de connaissances à mettre en œuvre pour faire des phrases, même simples, est très grande à ce niveau. Et du coup, si on n’a pas touché à une forme (comme “c’est lui”) depuis deux ou trois cours, elle a été oubliée, et tout le reste avec. Et donc, patiemment, on reprend.

Et alors là, pour le coup, je ne vais pas la laisser s’en tirer comme ça. Morceau par morceau, on va réussir, tous ensemble à former la phrase suivante :

C’est lui, avec le chien, car il aime les animaux. (On voit un chien sur la photo, et on sait que Charles aime les animaux, c’est écrit en toutes lettres dans sa présentation.)

Et là, c’est le moment de vérité où je leur dis que dans cette phrase, il n’y a aucun élément nouveau. Aucun. Même le chien était tombé lors d’un Dobble, mais je leur ai redonné parce qu’il ne faut pas abuser ;) Et moi de leur expliquer que s’ils veulent avancer, maintenant, il ne s’agit pas d’acquérir plus de vocabulaire via des listes ou je ne sais quoi, mais de mobiliser ses connaissances pour réussir à produire un sens. C’est ce que j’appelle la compétence combinatoire (j’entends par là la capacité à combiner des éléments connus pour produire un sens d’une manière différente de celle qu’on aurait choisie dans sa langue maternelle. En gros, cela revient à savoir exprimer des choses avec peu de mots, via des périphrases, des exemples, des simplifications du sens…) mais ça je ne leur explique pas.

Et donc, on s’arrête là, et je leur donne en devoirs la préparation suivante : être capable de m’expliquer, pour chaque personne de la tâche finale, pourquoi ils ont associé chaque photo à chaque description.

Et on se quitte bons amis, ils disent qu’ils vont bosser maintenant et tout et tout. je suis sceptique, mais on va voir. A moi de les accompagner. A bientôt pour la suite !

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Benoit Villette

Depuis déjà 10 ans dans le FLE comme formateur et formateur de formateurs. Je m'intéresse à l'innovation dans les pratiques pédagogiques, la pédagogie de projet, les simulations globales. Je milite pour une approche plus humaine des apprenants. Je suis en charge des séjours linguistiques France Horizons, animés par les Zexperts.

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