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Depuis le CECR, on fait moins de communicatif en classe de FLE. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’en fait plus du tout. Certains d’entre vous sont d’ailleurs probablement de fervents adeptes de cette approche : des dialogues, des dialogues, des dialogues. Je me demande d’ailleurs s’il y a un formateur FLE dans le monde qui n’a jamais utilisé Communication Progressive. Si oui, qu’il me jette le premier commentaire.

Dialogues

Bref, on est tous amenés, à un moment ou à un autre, à faire travailler nos apprenants sur des dialogues. L’objectif est généralement d’en retirer vocabulaires et structures utilisés et utilisables dans un contexte précis. Dans l’idéal, l’apprenant serait ensuite capable de transposer l’utilisation de ces structures à d’autres situations.

Un exercice très fréquent est alors de reconstituer un dialogue. Vous savez, l’apprenant doit remettre des répliques les unes après les autres pour former un dialogue cohérent. Deux problèmes se posent à moi dans ce genre d’activité : c’est assez linéaire, absolument pas créatif, et le dialogue créé a du mal à rendre compte de toutes les situations possibles. Ça fait en fait trois problèmes.

Dialogues arborescents

D’où l’idée de créer des dialogues arborescents (je vous en ai déjà parlé il y a très très longtemps) : chaque réplique peut être suivie de différentes réponses, qui seront à leur tour suivies de différentes répliques, ramenant parfois à des répliques antérieures.

Le dialogue peut avoir une ou plusieurs répliques initiales, selon la complexité de la situation. Il peut également avoir différentes fins.

Voici un exemple :

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Dans ce cas, j’ai créé un dialogue pour un cours individuel, donc ciblé sur une situation professionnelle très précise : l’achat-vente d’un soutien-gorge. (Ben oui, j’ai des cours comme ça, la vie est ainsi faite). Ceci-dit, il serait très simple d’adapter ce dialogue à une situation plus classique d’achat de vêtements. Vous trouverez d’autres exemples, dont un gratuit, sur La Boutique FLE.

Analyse de l’exemple :

L’apprenant peut donc choisir de démarrer son dialogue par l’une ou l’autre des répliques centrales (selon que le client est un homme ou une femme). De ce choix découlent un certain nombre des répliques ultérieures. (S’il commence par “Monsieur”, la réplique suivante sera probablement “Je voudrais acheter un cadeau pour ma femme”.)

Certaines répliques peuvent être utilisées plusieurs fois dans un même dialogue, certaines peuvent être utilisées plus tôt ou plus tard. D’autres ont une place relativement fixe. (Par exemple dans la phrase “nous avons également ce modèle…”, le mot “également” implique que le client a déjà refusé un modèle.)

Dans ce cas, j’ai choisi de ne mettre qu’une seule proposition de phrase finale, mais ce n’est pas obligatoire. On aurait pu imaginer que le ou la cliente parte sans rien acheter. Cela aurait pu encore augmenter le nombre de possibilités. Mais j’étais limité par la place sur la feuille.

L’augmentation du nombre de répliques me permet ici de présenter plusieurs manières de dire plus ou moins la même chose. C’est un autre avantage de ce format d’exercice.

Comment l’utiliser :

Lorsque vous estimez que l’apprenant a assez de connaissances pour comprendre une part significative des dialogues, il vous suffit de lui donner la feuille avec toutes les répliques. L’apprenant choisit sa phrase de départ, puis trace une flèche vers la réplique suivante, puis la suivante. Lorsqu’il a achevé un premier dialogue, proposez-lui d’en créer un autre à partir de la même phrase de départ, mais en utilisant différentes répliques. Vous pouvez également lui proposer de faire le dialogue le plus long, ou le plus court. Il est également possible de travailler en semi-improvisation (puis en improvisation totale) théâtrale en binômes.

Pour la correction, si vous travaillez avec un groupe, le meilleur moyen est de projeter au tableau la fiche de répliques. Si vous n’avez pas de projecteur (comme c’est souvent mon cas), il vous reste l’option de recopier la fiche au tableau, en respectant la disposition des répliques. Puis, tracez les flèches telles que les apprenants les proposent.

 

Créer vos propres dialogues arborescents :

Le plus intéressant, bien sûr, c’est de créer des dialogues qui correspondent exactement à vos besoins. Je pense que ce concept a particulièrement sa place en FOS, quand on travaille sur des situations très spécifiques. En effet, je n’ai pas encore trouvé un manuel présentant les structures nécessaires à l’achat d’un soutien gorge, par exemple. Et vous avez peut-être eu le même genre de défi à relever (on veut tout savoir, mettez un commentaire ;) ).

Mon mode de travail est très simple :

  1. je commence par imaginer une situation, et je crée un dialogue en notant les répliques les une en dessous des autres. S’il me vient à l’esprit une réplique qui ne rentre pas dans ce dialogue, je la note sur la même feuille, mais dans une autre colonne.
  2. Je recherche, parmi les répliques déjà proposées celles pour lesquelles on peut proposer une autre formulation. Je note ces formulations sur la feuille.
  3. Je recherche dans les étapes du dialogue celles qui peuvent amener à différentes réactions possibles. Par exemple à la question “vous avez ce modèle en bleu ?”, on peut imaginer que le vendeur réponde “oui” ou “non”. Je rajoute ces réactions différentes, et éventuellement les répliques permettant de se raccorder au dialogue. (Si j’avais prévu que le vendeur réponde “oui”, et que je rajoute la possibilité “non”, je vais également rajouter les phrases “Quel dommage. Et en rose bonbon ?” et “Dans cette couleur, nous avons votre taille.”, ce qui me permet de revenir à la réplique “Fantastique. Je peux l’essayer ?” qui était déjà dans mon dialogue initial.
  4. Je regarde si je peux proposer un début ou une fin alternative. Si oui, je rajoute les répliques intermédiaires nécessaires.
  5. J’éclate toutes ces répliques sur une feuille (j’utilise une vieille version de Draw d’Open office), et je vérifie que ça colle. En général, cela m’inspire de nouvelles répliques supplémentaires.

Et voilà, rien de plus simple. Alors, vous tentez l’expérience ? Qui est chaud pour qu’on fasse un petit recueil en s’y mettant à plusieurs ? A bientôt dans les commentaires.

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Benoit Villette

Depuis déjà 10 ans dans le FLE comme formateur et formateur de formateurs. Je m'intéresse à l'innovation dans les pratiques pédagogiques, la pédagogie de projet, les simulations globales. Je milite pour une approche plus humaine des apprenants. Je suis en charge des séjours linguistiques France Horizons, animés par les Zexperts.

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