Qui aujourd’hui n’utilise pas d’émoticônes ? Vous savez, ces petits 😊☹😐, qui agrémentent ou ponctuent toutes nos conversations…

 

Aujourd’hui, petit partage d’une activité que je pensais tout à fait foireuse (rapport au québécois) (euh… à la prononciation québécoise !) mais qui a en fait marché du tonnerre – avec un groupe d’apprenants dont la moyenne d’âge est de 19 ans (fin du lycée-début d’université).

 

J’ai imaginé cette dernière en relation avec le texte « La dictature de l’instantanéité » (Edito B1, U3) qui provient d’un média québécois et m’appelait donc irrésistiblement à donner une certaine « saveur » de cette langue à mes apprenants.

 

La vidéo en question sur laquelle je suis tombée est tout-à-fait cucu MAIS a le mérite de pouvoir faire parler sur deux thèmes très actuels : les stéréotypes et relations hommes/femmes ET la communication écrite sur smartphone… et bien sûr ces fameux émoticônes !

Concernant les structures grammaticales ou le lexique, cela dépend de vous : moi, je propose de revoir la structure de la négation ainsi que la comparaison ; le lexique des nouvelles technologies et médias visuels + un intro aux différences entre le québécois et le français.

Une des exploitations évidentes que je n’ai pas réalisée ici, c’est le lexique des émotions. Je vous encourage vivement à créer votre propre activité axée sur les émotions à partir de cette vidéo !

 

Ci-dessous, le déroulement de l’activité telle que je l’ai proposée dans mon cours. Vous trouverez plus bas des développements possibles.

 

1.MISE EN ROUTE : j’ai introduit l’activité avec un débat type Vrai/Faux (voir « 100 sujets de conversation express »). C’est pas l’idée du siècle mais ce jour-là, je devais (entre autres) revoir la négation. Donc j’ai présenté à la classe des phrases genre :

« Aujourd’hui, on ne sait plus écrire ni lire de longs messages : on tweete, on s’échange des messages avec plus d’émoticônes ou de photos que de mots ! »

ou:

« Il y a 10 ans, on utilisait 5 émoticônes maximum. »

On a discuté joyeusement, tout en insistant sur le côté émoticônes histoire d’orienter la chose tout naturellement.

 

  1. PREMIER VISIONNAGE – sans son, jusqu’à 2′.: Après avoir expliqué vite fait qu’on va voir un épisode d’une série québécoise – donc difficile à comprendre ; j’ai passé la vidéo sans le son (jusqu’à 2 min. environ avant que l’homme ne rencontre la femme) pour pouvoir comprendre la situation de communication (ou plutôt de non-communication dans ce cas-là). C’est assez gestuel et du coup ça permet de débroussailler le chemin de manière radicale. De manière concrète, après la vidéo, je leur ai demandé de me donner soit une impression soit une information sur ce qu’ils venaient de voir (pour dynamiser l’échange, j’ai utilisé une balle). Ça a permis de causer des stéréotypes hommes/femmes, tiens !

 

  1. DEUXIÈME VISIONNAGE – avec son : une fois le chemin débroussaillé, on a visionné avec le son. Pour ce premier plongeon dans le doux accent québécois, je leur ai demandé de noter tous les mots qu’ils ont entendu/compris en leur expliquant que les deux personnages allaient décrire ce qu’il y a sur leurs messages.

Après visionnage, on note les mots au tableau. Et il y en a, si, si !

 

  1. TROISIÈME VISIONNAGE – son+texte : on regarde, cette fois, avec la transcription. Pour cette étape, je leur ai demandé de souligner les expressions qui ne leur paraissaient pas françaises (de France) dans le texte.

Après visionnage, on a expliqué certains mots et on a fait un retour sur les expressions. On peut plus ou moins insister sur cet aspect selon l’axe de la leçon. Pour moi, ce n’était pas essentiel donc je les ai juste pointées du doigt sans plus.

 

  1. CRÉATION ÉCRITE ET ORALE : on a fait la même chose ! Chaque binôme a reçu une feuille d’émoticônes et une feuille vierge + ciseaux et colle. Ils doivent créer leur propre message que les autres binômes devront interpréter. J’ai bien insisté sur le fait qu’ils devaient écrire leur histoire/message aussi en « vrais mots » dans leur cahier pour la « vérification » avec la version des autres. C’était un moment que mes apprenants ont beaucoup apprécié ! Et c’est donc un moment où ils ont parlé entre eux (autant la conception que l’interprétation) et où j’ai pu corriger toutes leurs fôtes, noter le vocabulaire dont ils avaient besoin, toussatoussa. Garder 20 à 30mn pour cette étape selon le nombre de binômes.

PS : on peut tout à fait imaginer une version numérique de cette dernière étape 😊

 

Ci-dessous, le matériel pour le cours : la transcription de la vidéo (à distribuer à chaque apprenant) et une fiche « émoticônes » à découper pour la création de messages (une par groupe):

transcription+émoticônes

 

Sources :

La vidéo et la transcription sont à l’origine issues du site www.je-parle-quebecois.com/ qui possède par ailleurs d’autres chouettes ressources pour vos niveaux élevés.

 

Pour la petite histoire : cette série a fait le buzz en France avec l’épisode « regarde la photo du bébé » et est maintenant adaptée dans plusieurs pays. Sont fous ces québécois !

 

Autres développements possibles (liste non-exhaustive) :

Compréhension écrite :

Interpréter un texte littéraire avec des émoticônes (ou comment moderniser la littérature :D)

Cf. le roman en pictogrammes : https://www.actualitte.com/article/monde-edition/une-histoire-sans-mots-le-roman-en-pictogrammes-de-xu-bing/44796

 

Durant la compréhension orale :

Comparer la version québécoise et la version française : au lieu de donner la transcription du texte ; montrez l’épisode français (il y a des sous-titres)… et hop, on utilise la comparaison !

 

La version française : https://www.youtube.com/watch?v=VykuLgaS_RY

La version québécoise : https://www.youtube.com/watch?v=1kxzjasKiHQ

 

Un article parlant de l’adaptation : http://www.journaldemontreal.com/2018/03/19/adaptation-reussie-pour-like-moi-en-france

 

Communication et cohésion de groupe :

https://fr.asmodee.com/fr/games/concept/products/concept/

Jeu super cool, dont le principe repose sur la non communication verbale car il faut faire deviner un mot ou une expression à l’aide de « concepts » (des pictogrammes). Donc peu utile à première vue en FLE mais on peut faire en sorte qu’il y ait davantage de communication en demandant aux apprenants qui devinent de proposer chacun une définition (avec des pronoms relatifs ;) d’après ce qu’il voit sur le plateau; les questions s’enchaînent ensuite naturellement. On peut éventuellement rajouter l’interdiction pour le joueur qui doit faire deviner, de répondre par oui/non.

N’hésitez pas à laisser vos retours en commentaires !