Bonjour les profs, avez-vous des chansons que vous adorez écouter en boucle ? Moi oui. À tel point que je fais tout mon possible pour les introduire dans mes cours. C’est un bon exercice mental : vous prenez une chanson que vous aimez, à laquelle vous êtes attaché(e), qui évoque chez vous des tonnes d’émotions ou de souvenirs. Vous scrutez ensuite le planning et les programmes de vos cours et vous cherchez comment faire pour que la chanson rentre dans le moule grammatical ou lexical, ou les deux. C’est bien évidemment plus facile avec des niveaux avancés, mais souvent tiré par les cheveux. Mais, à vrai dire, ça ne me regarde pas. Parce que quand vous montrez aux élèves quelque chose de beau, et en plus quelque chose qui vous inspire, ça éveille leur intérêt, ça les motive, ça les fait participer. Même s’ils n’ont pas assez travaillé les structures. (Bien sûr, BEAU, c’est subjectif. Mais votre admiration peut suffire à « vendre » le truc.)

J’ai fait beaucoup de choses bizarres en cours : j’ai joué à Dobble avec mon élève qui venait pour un cours intensif de français de la MANUTENTION (sic, niveau C1 ! j’ai appris des choses, moi !), j’ai fait d’énormes collages et des découpages et des promenades en cours. Et comme j’adore les textes de Brassens, j’ai toujours fait mon possible pour les insérer dans mes cours.

C’était mon cours mythique du vendredi soir où les cols blancs, crevés après une sacrée semaine de boulot, venaient encore peaufiner leur français juridique. Le cours était bien carré, avec des CO, CE, exos, productions écrites sophistiquées et des tâches pas évidentes. Ils étaient obéissants, ponctuels, sérieux et motivés. Et très souvent, très fatigués. Et comme je suis empathique, j’ai voulu leur donner un truc beau et moins froid. D’où Brassens et sa chanson interprétée par Pauline Croze (une belle voix et une belle ambiance).

Comment j’ai procédé ?

Stances à un cambrioleur

C’était un cours de français juridique, niveau B1/B2. On était juste après l’étude du vocabulaire concernant les crimes et les contraventions. Plus au moins au milieu du cours (3 fois 45 minutes), j’ai dit qu’on allait écouter une chanson que j’aimais bien. Mais avant l’écoute, j’ai mis sur la table des mots découpés de la chanson (vous allez les trouver en page 1 du pdf) et je leur ai demandé d’essayer ensemble de deviner quelle était l’histoire, ce qui s’était passé. J’ai expliqué les mots les plus difficiles, et on a fait plusieurs suppositions sur le déroulement de l’histoire.

Ensuite, je leur ai fait écouter la chanson (sans leur montrer le texte). Pour cette première écoute, j’ai seulement demandé d’écouter la mélodie, de penser à l’ambiance et de noter 10 mots de la chanson.

Ils m’ont dit qu’ils n’ont presque rien compris. Normal :) C’est du Brassens :) Mais cela a éveillé leur curiosité.

Ensuite, je leur ai donné le TEXTE à TROUS (page 2 du pdf) et je leur ai fait écouter la chanson pour la deuxième fois et compléter les paroles.

Après, je leur ai demandé de « traduire » oralement en français standard l’histoire racontée dans la chanson : c’est justifié, comme ces paroles sont assez compliquées et les structures utilisées tordues.

Et finalement, j’ai proposé une petite expression écrite inspirée du texte (vous la trouverez en page 3 du pdf).

Et on a bien respiré, car la poésie, ça fait du bien à tout le monde, et surtout aux cols blancs.

Bon cours !