La compréhension de l’écrit est l’une des compétences linguistiques décrites dans le Cadre européen commun de référence pour les langues (le CECR), document publié par le Conseil de l’Europe qui constitue un vrai point de repère pour les enseignants de langue.
La compréhension de l’écrit – Les objectifs
Dans le volume complémentaire publié en 2021 (20 ans après la première version), on distingue deux objectifs de la lecture :
- Lire pour s’orienter (on lit pour trouver et comprendre des informations concrètes) ;
- Lire pour s’informer et discuter (on analyse un texte de manière plus approfondie afin de comprendre des détails et les arguments qui y sont présentés, et afin de pouvoir les utiliser dans une discussion).
Cette distinction nous amène à une question cruciale dans le processus de la préparation de l’activité de compréhension écrite dont dépendra tout ce qui se passera pendant le cours :
Quel est mon objectif et quel est l’objectif de mon activité ?
De plus, lorsqu’on parle des objectifs, il convient de bien avoir conscience de ce que chacun de ces axes apporte aux apprenants. L’idée de l’approche actionnelle peut se résumer comme suit :
Permettre aux apprenants d’agir dans des situations de la vie réelle, de s’exprimer et d’accomplir des tâches de nature différente, c’est le message méthodologique que fait passer le CECR sur l’apprentissage des langues (CECR, 2021 : 29).
Ainsi, lire pour s’orienter va préparer l’apprenant aux situations de type :
- Trouver l’adresse d’un lieu ;
- Vérifier une information dont on a besoin (p. ex. sur l’étiquette d’un aliment) ;
- Comprendre les informations dans l’espace public (p. ex. sur la fermeture d’une rue).
De même, lire pour s’informer et discuter va aider l’apprenant à :
- Comprendre les informations dans les médias ;
- Participer à un échange écrit (via les messageries électroniques) ;
- Utiliser les médias de manière consciente.
Il ne faut pas non plus négliger l’idée de lire pour plaisir. L’enseignant, étant entre autres un intermédiaire culturel, devrait inspirer ses apprenants et les encourager à découvrir en autonomie la richesse culturelle du monde francophone dont la littérature fait, bien sûr, partie.
Comment choisir un texte ?
En travaillant la compréhension écrite, le choix des textes constitue une étape cruciale. On peut évidemment suivre les propositions des auteurs des méthodes disponibles sur le marché, mais on peut aussi chercher des textes qui seraient adaptés aux besoins spécifiques de nos apprenants (on parle de plus en plus de l’hétérogénéité de l’enseignement qui constitue un vrai défi pour les enseignants qui devraient ainsi différencier les supports pour qu’ils répondent mieux aux besoins des apprenants). Pour choisir un texte, il faut prendre en considération plusieurs critères :
- La longueur du texte : actuellement, nous vivons à l’époque de l’information rapide. On a de plus en plus de difficulté à maintenir la concentration pendant la lecture. D’un côté, il est important de prendre en considération cette contrainte et choisir des textes plus courts. De l’autre, je recommande vivement de proposer des textes plus longs aussi pour aider les apprenants à travailler leurs compétences cognitives et à développer leur esprit critique.
- La thématique : comme avec chaque document déclencheur, le texte devrait correspondre aux centres d’intérêt des apprenants et il devrait aborder un sujet captivant et enrichissant.
- Le niveau du vocabulaire : si on propose des documents authentiques, ce que je recommande pour confronter les apprenants à la vraie langue le plus souvent possible, en réalité, ils n’ont pas de niveau. En effet, ils sont adressés aux locuteurs natifs. Pourtant, on peut toujours adapter les questions de compréhension pour que le texte soit compréhensible et exploitable en cours.
- La forme : il ne faut pas oublier que la police, la mise en page et la qualité du document ne doivent pas rendre le travail avec le texte difficile, voire impossible.
Les propositions des Zexperts FLE
Les Zexperts FLE vous proposent aussi des ressources de compréhension écrite, comme par exemple :
- Les sketchnotes Je sais parler de… (un sketchnote sur la base duquel vos apprenants vont découvrir le vocabulaire de base)
- Les sketchnotes Je sais argumenter (un sketchnote qui constituer une excellente base pour une discussion en groupe ou la rédaction d’un texte argumentatif)
- Les zactus (des documents authentiques qui constituent un document de déclencheur pour parler de ce qui se passe dans le monde francophone)
- Les jeux des SMS (des jeux simples à utiliser grâce auxquels les apprenants vont s’exercer à écrire des messages courts)
- Les Zinfographies (des statistiques adaptées à des niveaux concrets à analyser et interpréter, et qui font parler)
- La boîte à récit (un texte court qui a pour objectif d’inspirer, de libérer la créativité et de faire écrire les apprenants)
Pourquoi travailler la compréhension écrite ?
La compréhension de l’écrit joue un rôle très important dans le processus de l’apprentissage d’une langue. Elle permet aux apprenants de réviser en continu des mots et des structures déjà vus (Komorowska, 2005 : 188). Elle leur permet aussi de développer leurs propres stratégies de compensation (que faire en cas d’incompréhension ?), mais elle participe aussi au développement de plusieurs compétences extralinguistiques comme l’esprit critique et la recherche des informations.
Et si vous voulez en savoir plus et voir grâce à des exemples concrets comment travailler la compréhension écrite, n’hésitez pas à vous inscrire à notre webinaire du 18 décembre (sa rediffusion est disponible pendant trois mois !).
Références :
- Conseil de l’Europe (2021), Cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer – Volume complémentaire, Éditions du Conseil de l’Europe, Strasbourg, www.coe.int/lang-cecr.
- Komorowska, H. (2005), Metodyka Nauczania języków obcych, Fraszka edukacyjna, Warszawa.









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