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Je reviens donc, un peu plus motivé que pour le dernier article de suivi de cours. Normal, je me suis acheté une trottinette (je vous jure), et je l’utilise de manière “intensive”, à raison de 5 kilomètres par jour au moins. On pourrait dire que ça constitue mon sport de la journée, et ça me donne donc un surplus d’énergie.

Cours 36 :

Cette fois, je commence par une toute petite activité rapide. Ce genre de petit papier est pratique, car je peux le donner au moment où chaque apprenant entre, et chacun commence tout de suite. Du coup, les 2-3 minutes où on attend que les derniers arrivent sont utilisées. Un tout petit peu d’utilisation libre de la langue (beaucoup plus que simplement remplir des trous), un peu de révisions, on corrige et hop, on attaque.

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On a pas mal de devoirs à corriger, des exercices du fichier. Pas trop créatif, mais ça nous permet de rester sur la thématique des habitudes bonnes et mauvaises pour la santé (liées aux activités quotidiennes que j’avais anticipées il y a déjà pas mal de cours, justement pour réduire la charge de vocabulaire qui arrive à ce moment-là).

Après ça, on refait un peu de vocabulaire, justement. Je pose très rapidement les mots suivants découpés sur la table, et en groupe, les apprenants doivent les classer en deux catégories. Bons et mauvais pour la santé.

En écrivant, je me demande si toutes ces activités sont bien nécessaires. Ce ne sont finalement que des listes de vocabulaire qu’on manipule un peu. L’apprenant a-t-il vraiment appris quelque chose ? Que retiendra-t-il d’une activité comme celle-là ?

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Comme au dernier cours, j’ai constaté que les apprenants avaient des problèmes avec pouvoir, devoir et vouloir, je me suis inspiré de l’article sur les verbes pouvoir, vouloir et devoir et j’ai préparé la liste ci-dessous. C’est toujours une activité assez drôle, surtout quand les personnes ont des rôles différents dans l’entreprise. Pour le coup, je pense que cette activité peut vraiment amener à de bonnes discussions, même à ce niveau. Quand je sens que l’apprenant est capable de répondre, je pose des questions comme “pourquoi tu peux ?” ou “tu peux, mais est-ce que tu veux ?”. Pas facile, mais communicatif.

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Enfin, comme j’ai constaté depuis quelques temps que les apprenants n’ont pas beaucoup de verbes en tête, je prends le temps de revenir sur les verbes. D’une manière très simple, j’ai écrit des infinitifs sur des quarts de feuille A4. Il y a une trentaine de verbes déjà croisés avant. Chaque apprenant à tour de rôle doit faire une phrase en utilisant le verbe de son choix. Si sa phrase est correcte, il peut garder le verbe. Sinon, il le repose au milieu. C’est assez long, pas trop interactif, mais ça marche pas mal et ça permet d’indiquer aux apprenants ce qu’ils sont censés connaître.

Cours 37 :

Aujourd’hui, on a commencé par parler de ma trottinette. Vous vous en moquez, mais j’essaie de faire un peu plus de sport tout en réduisant mon impact écologique. J’ai commencé par faire le petit pas d’acheter une trottinette (non, la Pologne, c’est pas le bout du monde, il y a même des Décathon, preuve ultime !!!). Bref, quand mes apprenants ont vu arriver ma trottinette, ils ont rigolé un peu, on a échangé trois mots et j’en ai profité pour leur glisser un exemple de phrase avec du comparatif : “la trottinette est plus pratique que le vélo, mais moins rapide”.

Pas besoin de développer, vu le contexte, ils ont bien compris de quoi on parlait et à quoi peut servir cette structure. Si on refait ça une fois ou deux (ou un peu plus), ils sauront l’utiliser sans souci.

Donc ça a pris 10 minutes. Puis, pour ce cours-là, j’avais un avantage que vous n’aviez pas, c’est que Maxime m’avait demandé de tester sa ressource sur les élections américaines. Ça tombait pile dans le niveau de mes apprenants. Et pour le coup, on y a passé 50 minutes. Oui, avec une seule page A4, je n’ai pas eu le temps de faire la deuxième, ce sera pour la prochaine fois. Notez que j’aurais dû leur demander de la faire en devoirs, ç’aurait été intéressant. Je n’y ai pas pensé sur le coup.

Vous pouvez retrouver l’activité sur le site, je ne vais pas tout vous réexpliquer. Je vous donne juste quelques points qui me paraissent importants.

  1. j’ai fait l’activité en individuel, chacun pour soi, car mes apprenants ont à mon avis un niveau qui ne leur permet pas de discuter sans que je les aide un peu. Ils glissent tout de suite vers le polonais.
  2. j’ai répondu aux questions concernant le sens des adjectifs inconnus à la fin de l’activité, pas au début. On essaie de se concentrer sur l’utilisation de ce qu’on connait plutôt que sur l’acquisition de nouveaux mots.
  3. j’essaie au maximum de faire réutiliser les éléments comme “je crois que”, “pourquoi”, “parce que”, “je suis d’accord avec” qui nous suivent depuis le début, même si on les a moins utilisés dernièrement.
  4. en gros, je trouve plus intéressant d’essayer d’amener les apprenants à produire des énoncés à partir de ce qu’ils connaissent que de leur faire apprendre plus de mots.

Petite remarque importante : cette activité montre à merveille que la capacité à s’exprimer, c’est-à-dire à produire des énoncés qui ont du sens, ne dépend pas de la quantité de mots connus, ni de la connaissance des structures de la langue.

Cette capacité (que j’appelle compétence combinatoire) est vraiment liée à la pratique de la prise de parole, mais aussi à la personnalité des apprenants. Réussir à développer cette compétence au niveau A1-A2 est à mon avis la clé de la réussite de l’enseignement apprentissage. Si quelqu’un s’y connait un peu là-dessus, je suis preneur de réflexions et références bibliographiques.

Et voilà, c’est tout pour ces cours-là. Comme d’habitude, vos retours sont les bienvenus dans les commentaires. Le prochain article sera tout simplement le dernier de cette série.

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Benoit Villette

Depuis déjà 10 ans dans le FLE comme formateur et formateur de formateurs. Je m'intéresse à l'innovation dans les pratiques pédagogiques, la pédagogie de projet, les simulations globales. Je milite pour une approche plus humaine des apprenants. Je suis en charge des séjours linguistiques France Horizons, animés par les Zexperts.

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